LIVRE I
lutina , de n'avoir pas envoyé à Junot Tordre d'attaquer pendant ce même combat , et de ne l'avoir pas fait suivre par Poniatowski ; mais tous ces reproches s'évanouissent, lorsque l'on sait qu'il n'était pas instruit de la position dans laquelle se trouvait Barklay.
Le général russe eut aussi de grandes fautes à se reprocher. Il devait mettre Smolensk à l'abri d'un coup de main , chose facile , puisqu'il ne faUait que faire palissader la partie de la citadelle qui regardait la campagne , seul endroit par lequel on pût enlever cette place de vive force. Il s'exposa à perdre une partie de son armée , et presque toute son artillerie , en s'engageant dans des chemins de traverse, trop rapprochés des Français , sans avoir laissé assez de troupes à son arrière-garde pour retarder leur marche sur la route de Moskou , et ne dut son salut qu'à l'ignorance où se trouva Napoléon de ses dispositions de retraite. Toutes les troupes qui combattirent à Walutina auraient dû se retirer directement par la route de Moskou. Pour ne l'avoir pas fait, elles furent obligées de rétrograder successivement, afin d'arrêter les Français , non-seulement
pour que la colonne qui, de Stabna, s'était I. i3
dirigëe sur Slobpnewa , eût le tems d'atteindre ce village , et d*y passer le Dnii^per ; mais pour le salût des troupes , de Tartillerie et des bagages qui étaient encore engages dans le chemin de traverse qui débouche à Bredichino.