‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 88 sur 174 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

la nouvelle position dans laquelle elle se trouvait , demanda des secours pécuniaires à Napoléon. Ce conquérant préparait alors son expédition de Russie; l'alliance de la Suède lui aurait été d'un grand secours; néanmoins il n'accéda point à sa demande. Il voulait tout -ployer par la force , tandis qu'un peu de politique lui aurait été si utile. Au lieu donc d'offrir des subsides à la Suède , de former avec elle une alliance offensive et défensive contre la Russie (a) , et de fermer les yeux sur un faible commerce qui se faisait clandestinement, et dont cette puissance ne pouvait se passer, il autorisait ses corsaires à capturer les bâtimens suédois, faisait occuper la Poméranie par ses troupes (27 janvier 1812), et accablait cette province des maux qui ont pesé sur les pays conquis pendant les guerres de la révolution (6). Cette conduite hostile força la Suède à se je-

(a) Napoléon proposa cette alliance plus tard , mais sans offrir de subsides, et d'ailleurs il n'était plus tems. Ses violences^ sa hauteur, lui avaient aliéné la Suède , cette ancienne alliée de la France ; elle s'était déjà rapprochée de la Russie et de l'Angleterre .

{b) On accabla cette province de contributions énormes , on envoya dans les prisons d'Hambourg plusieurs de ses fonctionnaires publics , on s'empara des bâtimens suédois qui étaient dans les ports de la Poméranie, et on les arma en

ter dans les bras de la Russie , son ennemie naturelle. Elle conclut à Pétersbourg, avec cette puissance, le 24 mars 181 2, un traité d^alliance offensive et de'fensive , qui fut tenu secret , qui n'a point encore été publié , et dont Napoléon n'eut connaissance qu'après le commencement des hostilités («).

Dès que l'occupation de la Poméranie par les troupes françaises eut été connue de la Suède, elle se déclara en état de neutralité à l'égard de la France et de l'Angleterre, et quelques mois après (12 juillet 18 12), elle signa à Oérébro , un traité d'alliance avec cette

course. Deux rëgimeus suédois furent désarmés et envoyés en France comme prisonniers de guerre.

{a) Le traité du a4 mars 181 2 , entre la Suède et Ta Russie, contenait les stipulations suivantes : La garantie réciproque des deux états ; la convention de faire une diversion dans le cas d'hostilités avec la France et ses alliés, sur tel point de l'Allemagne qu'il serait jugé convenable , avec vingt-cinq ou trente mille Suédois et vingt mille Russes j la promesse de garantir à la Suède la réunion ou la conquête de la Norwège, et de lui fournir une armée de trente mille hommes , si cela était nécessaire , pour l'aider à faire cette conquête. On devait inviter le roi de Danemarck à accéder à l'alliance et à la cession de la Norwège , contre une indemnité pleine et entière en Allemagne , et à la proximité de ses états , et si ce souverain ne voulait pas adopter ce projet, on devait lui déclarer la guerre. Le roi d'Angleterre devait êti'e invité à consentir au traité et à en garantir les stipulations.

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