LIVRE II
Le lieutenant-général comte Andréossi , choisi pour remplir ce poste, arriva à Laybach en Croatie, le 7 juin 181 2, et s'y arrêta, selon ce qui lui avait été prescrit, en attendant Tordre de continuer sa route. Napoléon retardait son départ parce qu'il ne pouvait l'envoyer , avec de pareilles instructions, qu'au moment de commencer les hostilités contre la Russie.
Tandis que Tambassadeur de France perdait ainsi h Laybach un tems précieux, la Russie redoublait d'activité pour obtenir une paix selon ses désirs, l'Angleterre envoyait un ambassadeur extraordinaire pour la seconder. Ges deux, puissances employaient particulièrement les moyens de <^ornîption , si pnfssans près du cabinet ottoman v' 0)le$ disposaient déjà des pcînces Morouzi, elles parvinrent à gagner le reias-'effendi (âf).i Jjc chargé d'affaires de France, manquant d'instructions précises, ne ipouvait opposer qu'une faible résistance à leur influence toujours croissante; tout semblait
[a) Deux des trois frères Morouzi occupaient des emplois îinportans. L^un , Dértiétrius Morouzi , ^tait premier drogman de la Porte, et avait été atUché à Galeb, reiss-effendi (ministre des relations étrangères ) , qui conduisait les négocialions de Bukarest. L'autre jPajanoUiMorouxi ,Vavait pendant ce tems remplacé à Constantinople.
annoncer une paix prochaine : une circonstance imprévue vint en précipiter la conclusion.
Kutusof, général de l'armée russe, conduisait les négociations à Bukarest ; instruit qu'Alexandre allait lui envoyer un successeur (l'amiral Tchitchagof ), il se hâta de les terminer (a) ; la latitude qui lui avait été laissée lui en donnait la facilité , et il fut puissamment secondé par Démétrius Morouzi. Ce prince , qui avait toujours été, ainsi que ses deux frères» attaché au parti russe , aspirait au goutemcment de l'une des deux pripcipaiités de Vala-. chip ou de Moldavie , aussi ne p9i^vait-41 désirer qu'elles fussent cédées à la {lussie, et poui:-! tant il fallait qu'il consen^ât la bietiveillance dé cette puissance , saiis l'a^ui de laquelle il ne pouvait réussir dans ses projeta- Les- prelimir naires de la paix furent signé* à Bukatest {-6)^
(a) M. de Montvëran^ dans le supplément à Thistoire de la situation de l'Angleterre, rapporte que Kutuspf fit produire dans les nëgociationis de Bukarest, 'une' lettre dans laquelle Napoléon proposait à Alexandre le partage de Tempire Ottoman ; que cette lettre ëtait fausse , mais que l'écriture du sé^ crétaire et la signature de Napoléon étaient si bien imitées que les négociateurs turcs furent trompés.
(è) Peu de jours après, arriva Tchitchagof, qui remplaça l^utusof ; ce dernier quitta sans regret un comraiandement qm avait perdu son importance. .., ..