LIVRE II. 25r
de juin, Tordre de continuer son voyage; il marcha jusqu'à Traunick avec sa suite. Là , afin de se hâter , il prit seul les devans ; mais il ne put arriver à Gonstantinople que le 25 juillet^ et déjà le sultan avait ratifie le traité signé à Bukarest (a).
Napoléon se reprocha plusieurs fois par la suite d'avoir retardé si long-tems le départ de son ambassadeur. Mahmoud, irrité de la violence qui lui avait été faite , se vengea en sultan ; il fit décapiter les princes Morouzi , et exila le reiss-effendi.
Tandis que la Russie traitait ainsi de la paix avec l'Angleterre et la Turquie, elle négociait avec l'Espagne un traité qui fut conclu à Wéliki-Loïki ( 20 juillet 1812); par ce traité la Russie reconnaissait les cortès, et formait avec eux une alliance offensive et défensive. Ges^ deux puissances , trop éloignées pour pouYoir coordonner leurs opérations, se prêtaient néanmoins un mutuel secours , en dirigeant leurs^ efforts vers un même but.
Nous pouvons actuellement apprécier la situation des puissances belligérantes. Celle de la Russie , quoique critique , s'était cependant foT%
(o) Le sultan avait ratifié le traité le i4 juillet i8ia.
ft52 EXPÉDITION DE RUSSIE.
améliorée. Riga occupait Macdonald , qui n^avait point assez de forces pour en entreprendre le siège. Sur le point de Polotzk , les succès avaient été partagés ; mais Saint-Cyr devait sous peu perdre l'offensive , si on ne lui envoyait des renforts , puisque son adversaire en recevait continuellement. En Volhinie , on jouissait d'un repos momentané; mais Tarrivée prochaine de l'armée de Moldavie, devenue disponible depuis la paix avec la Turquie, allait y ranimer les opérations , et donner aux Russes une grande supériorité sur Schwartzenberg. L'armée que Napoléon commandait immédiatement avait essuyé de grandes pertes par les raisons que nous avons développées précédemment; toutefois les corps d'élite, dont on avait pris plus de soin , et qui n'avaient point encore combattu, faisaient exception. Napoléon conservait une grande supériorité sur son adversaire , moins encore par le nombre que par la qualité des troupes ; car indépendamment des corps d'élite , dont nous venons de parler, les autres corps ne se trouvant plus composés que des plus braves et des plus robustes , avaient gagné en valeur s'ils avaient perdu en nombre. Jeté d'ailleurs dans ces pays lointains et peu civilisés , préférant la mort à la captivité chez