LIVRE IL aSg
lance de cette ville , il faisait travailler à des retranchemens .
Pendant que la plus grande partie de Tarmée française s'avançait ainsi sur la route de Moskou , Ponîatowsky et Eugène prenaient la même direction , en suivant des chemins de traverse à droite et à gauche de celle de Moskdn. Le premier, laissant le Dnieper à gauche, avait passé à Belkino , et se trouvait, à deux lieues sur la droite de Murât, en mesure de prendre sa place de bataille, ou de tourner Barklay , selon qu'il lui serait ordonnée Le second avait suivi la route de Dukhowszina jusqu'à Pomogaïlowa ; là , il^ avait pris un chemin de traverse qui l'avait conduit sur la route de Dukhowszina à Dorogobuj , et , ayant traversé le Wop , rivière qui devait un jour lui être si fatale, il atteignit, le 25 août , Zaselie , village situé tout près du Dnieper, à une journée de Dorogobuj ; il y opéra sa jonction avec Grouchy , qui venait d'y arriver par la route de Dukhowszina. Ces deux généraux pouvaient facilement passer le fleuve pour se réunir à Murât , si cela devenait nécessaire. Latour- Maubourg , après avoir séjourné quatre jours à Drybino , se dirigeait, par Mstislaw, sur Jelnia , où il devait arriver le 28*^
^Bo EXPÉDITION DE RUSSIE.
Dès que Napoléon eut été instruit que Barklay avait pris position avec la totalité de son armée, et avait fait construire quelques retrànchemens en avant de Dorogobuj , il conçut de nouveau l'espoir d'obtenir enfin cette bataille , l'objet de tous ses vœux. Il fit donc partir subitement sa garde (a) dans la nuit du 24 au 25 ^ pour se rendre aux avant-postes. L'armée avec laquelle il allait combattre Barklay ne comptait plus que cent cinquante^rinq mille six cents com* battans (b). Les motifs qui avaient jusqu'alors décidé le général russe à éviter d'en venir à une affaire générale subsistaient toujours , et il attendait sous peu de jours un renfort que lui amenait le général Miloradowitz ; il se retira donc avant que Napoléon eût concentré ses troupes , et abandonna- Dorogobuj : les Fran* çais y entrèrent dans la soirée (25 août); Napoléon y arriva bientôt après , s'établit dans le château j et y passa la nuit. La ville était in* tacte ; mais les habitans avaient fui , et les ressources qu'elle contenait, livrées au pillage»
furent d'un faible secours.
(à) Le gënëral Laborde fut laisse à Smolensk , avec sa division, jusqu^à l'arrivée des rëgimens de marche qui étaient destinés k former la garnison de cette place.
Ib) Cette éYahia^ou est celle qoi résulte des feuilles d'ap-r
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sie (a) prennent leur source au sein de vastes marais et de forêts antiques : leurs eaux , s'écoulant dans des directions opposées , se rendent à trois mers différentes , après avoir fertilisé une partie de la Russie. Ce lieu est le plus élevé de toute cette plaine , qui compose la Russie européenne. De là , Napoléon voyait , par la pensée, cet immense empire , comme autrefois ritalie du sommet des Alpes.
Napoléon , ayant perdu l'espoir d'en venir à
' une affaire générale dans le voisinage de Dorogobuj , convaincu d'ailleurs que l'occupation de Moskou amènerait le résultat qu'il se promettait du gain d'une bataille , se décida , sans tenir compte de l'opinion de ses généraux , à poursuivre les Russes jusqu'à cette capitale (5). Il semble incroyable qu'une résolution blâmée
. généralement , eji opposition ayec les premiers principes de l'art , ait été prise par un général
cents hommes , et que Ton ajoute au total de la cavalerie les huit mille hommes de cavalerie légère, on trouvera que la composition de Tarmëe était la suivante :
Infanterie 123,978 hommes.
Cavalerie 31,697
Total 155,675 hommes.
(fl) Le Volga , qui va se jeter dans la mer Caspienne ; le Dnieper dans la mer Noire , et la Dwinadans la mer Baltique*