LIVRE IV
petit village situé à droite du chemin de traverse, dans la partie qui borde la Bérézina. La garde, après quelques heures de repos , se dirigea pendant la nuit sur Studianka ; Napoléon y arriva le 26, à sept heures du matin (a), et se rendit aussitôt chez Oudinot.
Le village de Studianka , situé sur le penchant d'une colline qui borde là Bérézina, était éloigné de cette rivière d'environ soixante toises ; le terrain qui séparait le village de la rivière était solide ; mais , après avoir passé la Bérézina, l'on trouvait un marais, que dominait la colUne, sur le penchant de laquelle était Studianka, et au delà de ce marais , le terrain s'élevait et offrait, à environ trois cent cinquante toises, une position où l'ennemi pouvait placer avantageusement des batteries , s'il voulait s'opposer à l'établissement des ponts ; plus loin encore , à. environ sept cents toises , passait la route de Borisow. De non[ibreux feux de bivouacs avaient .couvert pendant la nuit cette position favorable à l'établissement de batteries; ainsi l'on devait s'attendre à prouver une vive résistance. Des bois entour-
(û) Napoléon avait quitté Staroi^Borisow à cinq heures du matin.
raient de tous côtés le terrain découvert qui se trouvait sur la rive droite , devant Studianka^ et sur la gauche de ce village, ils n'étaient éloignés que d'une portée de canon.
A huit heures du matin , on fit passer la rivière à la nage à quelques cavaliers, et au moyen de deux radaux, conten^t chacun dix hommes, on jeta successivement environ quatre cents hommes d'infanterie sur la rive eimemie : Far* tiUerie du deuxième corps couronniaLit la crête de la colline de Studianka, pour foudroyer tout ce qui se présenterait ; celle de la garde arriva bientôt. L'ennemi n'opposa aucune résistance; quelques coups de canon et le feu des tirait leurs suffirent pour contenir les Kosaques. Deux pièces seulement débouchèrent du bois sur la gauche du point de passage , et tirèrent deux coups de canon , mais elles se retirèrent aussitôt après, accablées par le feu de l'artillerie française. Napoléon , le 26 npvembre au matin , lorsqu'il commença ainsi la construction des ponts sur la Bérézûfia , fie diâ|)osait plus .que d^enyiron vingt-neuf nûUe sept cents combattans {a) , dont quatre miUe de cavale-
{a) J'ai soin d'indiquer que ce nombre de combattans était celui du a6 novembre au matin. Le soir il y en avait déjà beaucoup moins, par suite des pertes que fit le neuvième