‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 122 sur 184 · LIVRE IV. 3o · texte numérisé non relu

LIVRE IV. 3o

qaes Kosaques qui occupaient ce bourg se retirèrent à son approche; ainsi Napoléon se trouva maître de la seule route qu^il pût pren* dre dans la situation où il se trouvait.

Le peu de résistance que Tchitchagof opposa au passage -de la Bérézina^ qui venait d^étre exécuté en plein jour avec lenteur (o) , et dans cette partie de la rivière où il devait soupçonner que Napoléqn chercherait à la pas* ser, tint à une circonstance très* extraordinaire. Le ^5 novembre, il avait reçu une dépêche de Kutusof , par laquelle ce général Tinstruisait que Napoléon marchait sur Bérézihb pour y passer la Bérézina, et se diriger de là par Igumen sur Minsk, qu^ainsi il fallait quHl se portât sur Bérézino avec la plus grande partie de ses forcés (h). Tchitchagof , qui aurait dû

(a) Je dis que les pcmte furent ce«5truits avec lenteur, parée qu'on travailla deux jours et deux nuits à en préparer les matériaux y et que l'on eqaploya dnq heures à faire le pont pour l'infanterie , et huit heures à faire celui pour les Toitures , tandis que si l'on e^t eu un équipage de ponU de bateaux , en 0 moins de deux heures , et sans préparatifs , l'on aurait eu construit un.p(mt.

(b) Qualid on réfléehit que Kutùsof était encore à une journée du I>méper lorsqu'il euTQya A Xchîtchagof l'ordre de se porter sur Bérézino ; que les renseignetoiens qu'il transmettait sur la marche de l'armée française devaient lui avoir été fourtiis par Pktof ; que cependant ce général, qui suivait

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être instruit par Platof de la marche de Tarmée française , et qui pouvait d^ailleurs se procurer directement, et avec une grande facilité , les renseignemens les plus {Nrécis à ce sujet , Pavait négligé ; mais la seule présence des troupes françaises qui remplissaient Borisow. et couvraient les environs, et leurs démons* trations au dessus et au dessous de Borisow^ lui faisaient craindre que Kutusof n'eût été induit en erreur. Ce général lui écrivait d'ailleurs de la rive gauche du Dnieper; les renseignemens qu'il lui transmettait ne pouvaient lui avoir été donnés que par Platof, et la position de l'armée française avait changé depuis celte époque. Les généraux qui entouraient

et entourait Tarinëe française ; ne pouvait avoir mandé a Ku^ tusof qu'elle se dirigeait sur Bërézino , parce qu'il savait bien le contraire ; quand , d'autre part , on considère que Kutusof nourrissait du ressentiment contre Tchitchagof , qui Favait remplace en Moldavie^ et que Pou se rappelle qu'il avsât conclu la paix à Bukàrest* encore plus dans l'intérêt de son amour % propre que dans celui de son pays , l'on efiTt tenté de croire qu'il avait imaginé la marche si invraisemblable de Napoléon sur Bérézino , afin de pouvoir donner à Tchitchagof un ordre qui , en Téloignant du véritable point de passage ^ l'empécbât d'acquérir la gloire d'avoir contribué le plus puissamment a l'anéantissement de l'armée française. C'est seulement ainsi que l'on peut expliquer d'une manière satisfaisante pourquoi Kutusof envoyait un ordre si insensé à Tchitchagof.

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