LIVRE IV. 3oS
Tchitchagof pensaient que le renseignement transmis par Kutusof était évidemment faux , qu'ainsi il fallait conserver les positions que Ton occupait à Borisovr et sur la gauche de cette ville; néanmoins Tchitchagof exécuta en partie Tordre qu'il yenait de recevoir ; il se porta de sa personne, avec la division Woinon, à Szabaszewiczi , et fit pousser des reconnais<sances de cavalerie jusqu'à Bérézino. Langeron resta devant Borisow, Tchaplitz reçut Vox^ dre de se réunir à lui avec la plus grande partie de ses troupes, mais avant que d'exécuter cet ordre, il rendit compte que Fennemi allait in^ dubitablement tenter le passage à Studianka. Tchitchagof n'ayant pas ajouté foi à ce rapport et ayant renouvelé ses ordres, la plupart des troupes qui étaient devant Studianka se re-r tirèrent sur Borisow dans la nuit du 25 au 26 novembre. Il ne resta devant ce village qu'un régiment d'infanterie , un de hussards, quelques Kosaques et douze bouches à feu , forces bien insuffisantes pour empêcher le passage ; toutefois, celui qui les commandait est trèsblamable de n'avoir pas fait mettre ses douze bouches à feu en batterie sur la position dont j'ai parlé , et de ne les avoir pas fait tirer sur les travaux des ponts, jusqu'à la mort de son der- II. 20
3o6 EXPÉDITION DE RUSSIE,
nier canonnkr, ou la destruction de sa dernière pièce. Le bruit de cette cannonade et de €eUe beaucoup^ plus forte des batteries qu^on lui aurait opposées, auraient été k meilleur et le plus prompt arertissement qu^il pût donner à 'îçhitchagof . Le rétard qu'il aurait ainsi fait éprouver à rétablissement des ponts aurait probablement peirmis à Tchilchagof d'arriver asseye t6t pour s'opposer au passage de l'armée française.
J'ai dit que le pont (3) de droite avait été terminé à une heure de l'après midi ; celui de gauche , destiné aux voitures , ne le fut que trois heures plus tard ; l'artillerie du deuxième corps passa aussitôt >, et fut suivie par celle de la ^rde« La gelée avait rendu le marais que l'on traversait en débouchant du pont, assez solide pour qu'il put supporter l'artillerk (a)] deux jours |rtus tôt il aurait été impraticable.
Tandis que les corps qui ouvraient la marche de l'armée française franclussaient la fiférézina^ ceux qui les suivaient se hâtaient pour mettre également cette rivière entre eux et les Russes. Victor quitta sa position de Ratuliczi le ±6 au
(a) Quoique le marais, fût gelé , il tremblait sous les voitures et se défonça en quelques endroits, ce qui en rendit le pasi» sage très-difficile.