LIVRE IV. ^ 3i
troura occasion de charger, tt%t qirinze cents prisoBAÎers. '
La unit isépàra les combattaM siir les deux riv«; ili biVoUaqnèrent en prësence, mais quelle différence dans les deux camps! chez les Ruisses^ des feux nombreux dont la clarté se répandait au loin , Pabondance desTivres , une joie bruryante , causée par les succès de la reille et par la certitude de s'emparer le lendemain d'un immense butin; chez les Français, des feux rares et languissans , et tous les maux que j'ai si souvent dépeints. Aucune nuit ne fut plus fut cruelle depuis le départ de Moskou , et ce fut aussi la plus fatale.
La journée de la Bérézina fut très -sanglante (a), mais les pertes des Français qui étaient obligés, en se retirant, d'abandonner^ leurs blessés et une partie de leurs bagages^ furent plus sensibles. Là se terminèrent les destmées de cette grande armée qui avait fait trembler l'Europe ; elle cessa d'exister sous le rapport militaire (6); il ne lui resta d'autre voie de salut cpie la làitCi
(a) Plus de la moitié des génërâtii: qUi arvaiént combattu avaient été blessés. Lcfs pritfôipàut étaient le maréchal Oûdinot et les généraux de diTisiôQ Zayonscheèfc et Legfantd.
{b) Les corps qui combattirent à la Bérésd'n'a avaient encore
320 EXPÉfllTION DE RUSSIE.
Pendant le ^mbat, Eugène, Dayout et Lar* touT'Maubourg s^étaient rendus à Zembin, ain^ qu^un grand nombre de militaires isolés.
Cependant, le passage étant devenu en quelque sorte impraticable , £blé fit exécuter par les pontonniers , et avec Taide d'un détache* ifient de rârtillerie de la garde, une espèce de tranchée au travers de Fencombrement. On faisait passer sur la rive droite les chevaux abandonnés , et Ton conduisait sur les ponts, pour les renverser dans la rivière, les voitures abandonnées qui se trouvaient sur le terrain où passait la tranchée ; les cadavres des chevaux étaient trop nombreux pour qu'on pût les enlever. A neuf heures du soir, Victor,
pour plusieui^)Ours de vivres lorsqu'ils rejoignirent rarmee de Moskou ', ainsi ils avaient jusqu'alors ëprouvë peu de privations, et par suite ils avaient moins souffert du froid; néanmoins ils firent des pertes si fortes pendantla journée du 28, que le agils necomptaient pas la moitié du nombre des troupes qu'ils avaient encore en atteignant laBérézina. L'infanterie de la garde, quoiqu'elle n'eût pas combattu, avait fait des pertes presqu' aussi foi^ tes ; celle de la vieille garde, qui comptait encore trois mille cinq cents bommes , le 36 , en arrivant à Studianka , n'en comptait . plus que deux mille , le ag j et l'infanterie de la jeune garde,
qui comptait quinze cents hommes à la première épotpie, était réduite à buit cents à la seconde. La plupart de ces deux mille buit cents bommes étaient malades, oii portaient dans leur sein des germes de maladie.