‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 132 sur 184 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

heures du matin ; il était en voiture. Victor le suivait, Ney était chargé de l'arrière-garde; ce général fut obligé de s'arrêter plusieurs heures à Fendroit où Ton quitte la grande route pour prendre le chemin de traverse qui conduit à Zem* bin, parce qu'un encombrement s'était formé en cet endroit par suite du retard qu'occasion nait le passage sur la chaussée étroite et sur les ponts dont j'ai parlé précédemment. Ney repassa ensuite ces ponts et les fit brûler ; l'armée, le ii9 au soir, fut placée ainsi qu'il suit : Ney occupait une position un peu au delà de Zembin, Victor était à Zembin, Eugène et Davout à Pleszeniczi, Napoléon, avec sa garde, a Kamen, où il reçut des dépêches de Maret par un espion juif que lui adressait ce ministre. Depuis son départ de Smolensk, il n'avait point reçu d'estafettes (a), mais seulement de semblables nouvelles , par un seigneur polonais qui avait fait par dévoueitient ce que le Juif venait de faire pour de l'argent. De Wrede (a) , qui était alors à Dokszytzi, reçut Fordre de se retirer sur Wileika , pour cou-

(rt) Napoléon devait recevoir chaque jour uneestaffette ; elles partaient de Paris , passaient par Mayence , Berlin , Kœnigsberg , Wîlna , et apportaient les dépêches des autorités françaises qui se trouvaient dans ces différentes villes.

Trir Tannée sur la droite. Tchitchagof s'était contenté de suivre et d'observer Fanièregarde ; Wittgenstein faisait établir des ponts à Studianka, pour prendre la même direction i Kutusof , après avoir passé le Dnieper à Kopys le 25 novembre y se rendit, par Staroselie , Krugloe et Mikiewiczi , à Usza , qu'il atteignit le i" décembre , après y avoir traversé la Bérézina ; puis il se dirigea par Rawaniczi et Smolewiczi sur Radoszkowitzi , pour y prendrCy la grande route de Minsk à Wilna. Le corps de Hertel , qui n'avait point encore rejoint Tchitchagof, reçut l'ordre de marcher par Minsk et Nowoi-Svi^erjin sur Slonim.

Pendant la période si funeste de la retraite qui venait de s'écouler depuis le départ de Krasnoi , Napoléon commit trois fautes trèsgraves : la première , de n'avoir point donné assez tôt à Victor l'ordre de se retirer avec la plus grande partie de ses forces par Baran sur Studianka , pour couvrir le point de passage , ce qui aurait dû entraîner sa perte ; la seconde, de ne s'être pas transporté de sa personne à Borisow, aussitôt qu'il eut appris que le pont

(a) De Wrede , indëpendamment de ce qui lui restait de Bavarois, avait un régiment de marche ^français qui lui avait été cnyoyë de Wilna.

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