‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 133 sur 184 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

de cette TiIle était brûlé; aucime circonstance ne pouvait exiger plus impérieusement sa présence ; aussi quelle que fut sa confiance dans Oudinot, il est très-blâmable de lui avoir aban-* d#nné le choix du point de passage et la direction des opérations qu'il fallait faire pour trom*per Fennemi. £n se dispensant, dans des circonstances aussi critiques , de diriger en personne l'opération de laquelle dépendait ^son* salut , il semblait en quelque sorte convenir tacitement que sa position était désespérée (a). Ënfin^, au lieu de faire repasser le 528 au matin la division Daendels sur la rive gauche , pour conserver encore ses ponts pendant cette journée , il aurait dû , au contraire , faire passer Victor avant le jour, et exécuter aussi-* tôt sa retraite ; les corps de Ney, d'Oudinot et de Victor avaient encore alors assez de forces pour la soutenir, tandis que par suite des pertes qu'ils firent pendant la journée du 28 et de

(a) La conduite apathique de Napoléon , dans cette circonstance, devient encore plus extraordinaire lorsqu'on se rappelle la grande activité qu'il déploya au commencement de la guerre , lors du passage du Niémen. On se souvient qu'il reconnut lui-même ce fleuve pour déterminer les points de passage. JH aurait pu cependant , sans inconvénient , abandonner cette besogne à Tun de s«s généraux.

la désorganisation qui en fut en grande partie la suite , ils se trouvèrent bientôt réduits à un tel état de faiblesse, qu^ils ne pouvaient plus retarder la poursuite de Fennemi. Les fautes des adversaires de Napoléon, bien plus nombreuses que les siennes, le sauvèrent.

Kutusof accorda du repos à son armée et la fit marcher avec une extrême lenteur, alors qu^il aurait dû la faire marcher avec la plus grande rapidité; si ce général eût poursuivi sans relâche Tarmée de Moskou , au lieu de lui laisser gagner plusieurs marches , il Fàurait forcée à précipiter sa retraite , et la cernant à Borisow avec son armée et celles de Wittgenstein et de Tchitchagof , il ne lui aurait laisse d'alternative, que de périr en combattant, ou de mettre bas les armes.

Quoique Kutusof eût abandonné la poursuite de cette armée, les généraux Wittgenstein et Tchitchagof disposaient d'assez de forces pour achever sa destruction. Wittgenstein, aussitôt qu'il eut appris le départ d'Oudinot, aurait dû attaquer avec toutes se% forces Victor, qui, étant trop faible pour accepter le combat, se serait vu contraint d'accélérer sa retraite; s'il l'eût effectuée par Barau sur Borisow, Wittgenstein le suivait et faisait jeter un pont à

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