‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 134 sur 184 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

W"ésélowo ou à Studianka, pour opërer sa jonction avec Tchitchagof. Si au contraire il se retirait , ainsi qu'il le fit, par Batury, Wittgenstein , se contentant de le faire suivre par un détachement composé en grande partie de cavalerie, se dirigeait à marches forcées, avec le reste de son corps ,, sur Borisow, et opérait comme précédemment sa jonction avec Tchitchagof par Studianka ouWésélowo. Dans ces deux cas, la perte de Tarmée française était certaine. Quoique Wittgenstein se fût contenté de suivre Victor sans presque troubler sa retraite , il aurait pu , puisqu'il atteignit Kolopénizi le 24, et que la route de Borisow par Baran était libre , arriver le 26 au matin devant Studianka, et y attaquer Napoléon , qui n'y avait encore que le corps d'Oudinot et sa garde; en supposant que Wittgenstein ne fût pas parvenu à empêcher l'établissement des ponts, le bruit de la cannonade aurait attiré Tchitchagof, dont la présence aurait rendu le passage impossible. Enfin , le 27 , au lieu d'aller attaquer Partouitf aux qui ne pouvait lui échapper, il aurait dû attaquer Victor, qui alors n'avait conservé que la seule division Girard , et n'aurait pu, par cette raison, défendre Studianka. La journée du 28 fait aussi peu

d'honneur à Wittgenstein que les précédentes , puisqu'il ne put s'emparer du village dé Studianka, que Yictor défendait avec des forces six fois moindres que les siennes.

Les fautes de Tchitchagof contribuèrent autant que celles de Wittgenstein à sauver Napoléon; après s'être emparé de Borisow, il aurait dû passer la Bérézina avec toute son ar^mée , et rejeter Oudinot sur l'armée de Moskou, afin de forcer Napoléon à se concentrer- Wittgenstein faisant alors un mouvement par sa droite , aurait très -facilement effectué sa jonction avec Tchitchagof. La division Pahlen , qui avait seule passé la Bérézina 9 ayant été repoussée , et Tchitchagof , au Ueu de la soutenir, l'ayant fait repasser sur la rive droite , il aurait dû laisser sur la rive gauche la moitié de ses Kosaques; il aurait pu alors être instruit plusieurs fois par jour de la marche de Napoléon , mais il négligea cette précaution , et resta à ce sujet dans une ignorance pour ainsi dire volontaire ; rien n'était cependant plus facile que d'être instruit de la marche d'une armée qui ne quitta pas la grande route d'Orsza à Borisow, et Tchitchagof n'aurait pas alors été trompé par un renseignement qui lui arrivait de par delà le Dnieper , et que

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