LIVRE IV. 33i
à la vëracitë et à Texactitude des rapports d^un général qui s^était proclamé Tainqueur à Borodino (a) y étaient persuadés que Napoléon disposait encore de plus de quatre-vingt mille combattans. L'erreur de ces généraux, en quelque sorte excusable , atténue beaucoup mes critiques , relativement à leurs opérations militaires. Enfin, je dois ajouter que la désobéissance d'Hertel aux ordres de Tchitchagof fut aussi une des causes du salut de Napoléon, car si Tchitchagof eût eu ce corps à sa disposition, il l'aurait peut-être laissé devant Studianka.
Tandis que Napoléon éprouvait ainsi de cruels revers sur la partie du théâtre de la guerre où il commandait immédiatement et n'échappait pour ainsi dire que miraculeusement à une destruction qui semblait inévitable , ses armes partout ailleurs conservaient leur supériorité , et par cette raison , l'importance des corps détachés augmentait. Il est digne de remarque qu'ils étaient presque touscomposés de troupes étrangères; en effet,
{a) Pour que Wittgensteîn et Tchitchagof aputassent foi aux rapports de Kutuflof , il aurait fallu «pi'ik fussent persuadë»^ que Tannée de Moskou avait éprouve de tels désastres qu'il n'avait pas été possible à Kutusof de les exagérer. C'est ce qui était arrivé , mais cela ne leur semblait pas probable.
Macdonald avait sous ses ordres des Prussiens , des Polonais et des Allemands ; de Wrede, des Bavarois ; la division Loison était composée d^ Allemands; lé corps de Schwartzenberg d'Autrichiens ; Reynier seul avait avec les Saxons une division composée aux trois quarts de troupes françaises.
Nous avions laissé Macdonald en présence d'environ huit miUe hommes de la garnison de Biga, qui occupaient, sur la rive gauche de la Dwina, le pays compris depuis Schlock jusqu'à Fridrichstadt. La plus grande partie de ces forces était stationnée à Neigut; la ligne des avant-postes , sur la droite de ce village , suivait la Mis et TAa; sur la gauche , les Russes occupaient Walhof , en avant de Fridrichstadt. Les troupes qui se trouvaient à gauche de la route de Riga à Bausk étaient dans une position tres-hasardée y puisqu'on pouvait en^ un jour arriver d'Ekau à Dahlenkirchen, et leur couper la retraite. Macdonald se décida à entreprendre cette opération ; elle ne pouvait avoir que des résultats avantageux, car, en supposant même qu'il ne réussît pas selon ses désirs , sa supériorité lui donnait la certitude de repousser les Russes sur Riga, et il se débarrassait ainsi , au moins pour quelque tems ,