LIVRE IV
de la petite guerre qu'ils lui faisaient depuis les premiers jours de novembre. Après s'être transporté de sa personne à Ekau , pour être plus à portée de diriger les opérations , il retira à Hunerbein le commandement qu'il lui avait confié , après le combat de Meschten , pour le donner à Bachelu (a). Hunerbein ne conserva que le commandement de la brigade polonaise ; le brigadier de Hom eut celui de la brigade prussienne ; ces deux brigades et les six escadrons de cavalerie prussienne s'élevaient à environ huit mille hommes , et furent réunis en avant d'Ekau le i4 novembre au soir. Le iS, avant le jour , Bachelu marcha sur Baldon , s'en empara, et, y ayant laissé Hunerbein, il poussa les Russes jusqu'à Dahlenkirchen , où il prit position. Dans le même tems, de fausses attaques furent dirigées principalement sur Olai et Neigut, tandis que Massenbach (A), avec la réserve qui était à Anenburg , marchait, par Ekau
(a) Le gênerai de brigade, baron Bachelu, ëtait à Eluks avec sa brigade lorsque Macdonald le rappela pour lui confier ce commandement.
(b) Le lieutenant général Massenbach commandait la caya lerie du corps prussien. Cette cavalerie étant disséminée, Macdonald avait donné à Massenbach le commmandement de la réserve qui était à Stalgen et Anenburg.
et Walhof, sur Fridrichstadt. Tout ce qui était sur la droite de la route d'Ëkau à Riga se trouva coupé ; Lewis commandait cette partie de la ligne russe; il avait peu de cavalerie, quelques pièces seulement, et environ cinq mille hommes de nouvelle infanterie. Il se retira d^abord sur Riga ; mais , ayant rencontré , une lieue ava^tque d'arriver à Tomsdorf , Tavant-garde d'Hunerbein , qui lui prit un bataillon , et , ayant appris que Bachelu occupait Dahlenkirchen, il rétrograda sur Fridrichstadt. Bientôt il fut prévenu que Massenbach se portait sur cette ville et s'arrêta. La Owinà était gelée , mais la glace ne portait point encore ; il aurait donc probablement été contraint de mettre bas les armes si le froid , qui devint tout à coup très-rigoureux , n'eut rendu la glace assez forte pour lui permettre de repasser sur l'autre rive , même avec son artillerie (a). Ce passage s'exécuta dans la nuit du 17 au i8, un peu au dessus de Linden. Une partie des troupes qui occupaient Fridrichstadt repassèrent également sur la glace ; mais Massenbach , étant arrivé inopinément devant cette ville
(a) Lewi5, pour faire repasser son artillerie, fit sur la glac« un lit de paille et de planches.