‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 150 sur 184 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

mettant sous les yeux de Napoléon l'état des magasins immenses (9), existant à Wilna. Il paraît que ce conquérant n'avait point reçu de rapport à ce sujet depuis son départ dé Moskou , car il s'écria : « Vous me rendez la vie! » et il chargea son ministre de rester jusqu'à l'arrivée du roi de Naples et du major-général , pour leur ordonner de s'arrêter quelque tems à Wilna , huit jours s'ils le pouvaient, afin d'y rallier l'armée, de réparer le moral fet le physique du soldat, et de le préparer à continuer sa retraite dans un état moins déplorable. « Dites leur , » ajouta Napoléon, que telles sont mes iriten- » tions^'et cpie je compte qu'elles seront rem- » plies. » Après cet entretien , qui avait duré cinq quarts d'heures , il quitta Wilna , et Jîârtît pour Varsovie. Avant ^ue de monter^ en'Voiture , il aidressaces derniers mots à son ministre : « Je compté que vous réussirez à » persuader' au roi de Nàples qu'il peut faire » p^ebd^e iéi taie face nouvelle' à la retraite j » dîtes lui que le salut de l'armée* est là ; dites » lui que je compte sur lui. » Jusqu'à WilkoS^ski , Napoléon continua sa route dans sa voiture; îl la reniplaça eh cet endiroit par un traîneau que lui domia un gentilhomme polo-*

358 EXPÉDITION DE RUSSIE, nais (à); le lo, il arriva à Varsovie dans la matinée, et descendit à Fhdtel d^ Angleterre ; il vit son ambassadeur y le président du conseil de gouvernement, le ministre des finances du duché, et repartit au bout de quelques heures. Depuis lors il ne s'arrêta plus qu'à Dresde, où il arriva le i4 décembre; il descendit chez son ministre , vit le roi de Saxe, et, après un s^our de quelques heures, repartit pour Paris, où il arriva le 19 décembre, à onze heures et demie du soir; le vingt-neuvième bulletin avait été publié le 17.

Lorsque le départ de Napoléon fut connu dans Tarmée, on éclata en malédictions contre lui. Il fuit, s'écriait-on , comme en Egypte! Il nous abandonne après nous avoir sacrifia! Ces plaintes étaient naturelles; c'était le cri du désespoir. Mais étaient -elles justes? Jj^ conduitp de Napoléon, s'il n'eût été que général, eût été infâme ; comme chef d'un grand peupeu]4e, elle lui était tracée par la politise, puisque les circonstances exigeaient impérieusement sa présence au sein de ses ét9ts. £lle y était nécessaire^ soit qu'il voulut coptmier la guerre ^ ou traiter de la paix. I) fallait , d'ail-<

(a) Ce gentilhomme se nommait Wibîski.

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