‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 164 sur 184 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

soldarts pleins de santé , et força Kutusof à s^ai^ rêtcr , ce qui sauva les débris de Tannée française ; le retard qu^éprouvait le général russe était d^ailleurs, dans les conjonctures où se trouYait Napoléon , ce qui po^ivait lui arriver de plus heureux ; car V Allemagne appelait les Russes de ses vœux y mais elle a{^artenait au premier occupant , et Napoléon avait la certitude d'en maintenir les peuples dans son alliance s'U y devançait les Russes avec la nouvelle armée qu'il organisait.

Nous avons vu qu'Alexandre, après le court séjour qu'il avait fa^it à Moskou , s'était rendu à Pétersbourg , et s'y était occupé sans relâche d'organiser les moyens que le dévouement de ses peuples avait mis à sa disposition. Le succès avait couronné ses travaux ; les forces de* Husses^ si long-tems inférieures à celles des français , leur, détinrent d'abord égales , et bientôt les surpassèrent Un esprit de vertige; semblant alors guider les résolutions de Napo-* léoo , les Russes avaient obtenu des succès plus, rapides eneore que ne l'avaient été leurs revers , et sans Tineptie de Kutusof , Wiazip^ » Krasnoi ou la Bérézina eussent vu terçiiaér les. destinées de Napoléon et de son armée. Tout étant donc préparé pour alimenter la guerre ^

Alexandre se décida à reparaître à la tête de ses armées. Sa présence y devenait nécessaire pour y soutenir l'activité d'opérations qu'un vieux général devait être disposé à ralentir , par suite de la disparition du danger ; et aus^ pour négocier avec les souverains allemands , qui comptaient sur son aj^ui pour recouvrer leurs états ou leur indépendance.

Alexandre quitta Pétersbourg le 1 8 décembre , et arriva à Wilna le 22 ; son armée le reçut avec de vives acclamations. Les seigneurs lithuaniens qui l'avaient trahi attendaient avec anxiété quel serait leur sort ; il pouvait les accabler du poids de sa vengeance y mais il usa à leur égard d'une clémence à la quelle ils devaient peu s'attendre , excusant sans doute un entraînement qui prenait sa source dans de généreux souvenirs. Ce monarque donna ses premiers soins aux prisonniers, leur sort était affreux : plus des quatre cinquièmes avaient déjà succombé, ainsi que l'attestaient leurs cadavres dispersés çà et ]à dans toutes les parties de la ville , et amoncelés près des hôpitaux et de tous les lieux où on les avait réunis. La faim aurait terminé tous leurs maux, si oh ne leur eût fait quelques distributions de biscuit; majs dans le désordre qui suit nécessairement l'arrivée d'une

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