LIVRE IV
pour prendre soin des prisonniers* Saint-Priest remplit son. attente ; il distribua des secours pécuniaires , fit payer aux prisonniers la solde qui leur avait été affectée, écouta leurs réclamations, et parvint ii établir des hôpitaux, où ils étaient aussi bien traités que les malades russes eux-mêmes. Bientôt tous les souverains dont les troupes servaient dans Tarmée de Napoléon envoyèrent des secours pour soulager des infortunes si extraordinaires et si peu méritées ; Napoléon seul n'en envoya point.
Cependant l'erreur de Macdonald relativement à la situation de Tarmée de Moskou fut de courte durée ; il aj^rit d'abord qu'elle s'était retirée avec une précipitation extrême sur Wilna, et bientôt après, qu'elle avait abandonné cette capitale^ et allait indubitablenïent repasser le Niémen. Dans cet état de choses, ce général ne pouvait différer sa retraite, sans se compromettre, puisque, les Russes pouvaient se diriger sur Tilsit avec des forcesbiensupérieures aux siennes ; il rappela donc la division Grandjean pour la concentrer autour de Bausk : York occupait Mitau, le quartier général était à Stalgen. La position du dixième corps devenait d'au-
soin des prisonniers , est le même qui avait remplace Wintziiigerode lorsqu'il fut fait prisonnier.
tant plus critique , que les troij^s prussiennes en composaient les deux tiers, et que la force, ce ciment des alliances entre Poppresseur et l'opprimé , échappait alors à Napoléon : aussi Macdonald , livré à de vives inquiétudes , et ne consultant que la nécessité, s^était enfin décidé à se retirer , lorsqu'il reçut, le i8 dans l'après midi , Tordre que Murât lui avait fait adresser de Wilna (a). Le lendemain il commença sa retraite : il l'effectua sur plusieurs routes qui se rejoignent à Piklupenen , deux lieues avant que d'arriver à Tilsit. La division Grandjean et une brigade de cavalerie prus*^ sienne ouvraient la marche ; Yorck les suivait à une journée de distance. Palucci ne poursuivit point Macdonald ; il se dirigea sur Mémel dont il s'empara le 27 décembre.
lia colonne la plus forte du corps de Macdonald, était celle qui marchait le plus à gauche ; elle était destinée à garantir les autres colonnes des Kosaques, que l'on s'attendait à
(û) L'ordre que Murât avait fait adresser à Macdonald avait été donné au major prussien Schenk, qui , de Wilna , g'était dirigé sur Olita, et de là sur Tilsit. Ce fait se trouve rapporté dans une lettre que Macdonald écrivit à Berthier le jour de son départ, a Gomment , s'écrie ce général ,n'envoie-t-on pas, daiw de telles circonstances «^ dix ^ vingt, cent duplicatas l »