LIVRE m
immédiatement après , elle se rapproche du Talion de la Luja , et chemine sur un plateau qui vient aboutir à ce vallon. Le chemin de Tarutino à Malojaroslawetz , par Spaskoe , se rapproche également et à la même hauteur du vallon de la Luja ; si bien que Ton distinguait parfaitement les troupes russes se dirigeant sur Malojaroslawetz ; et Napoléon , placé sur le plateau qui borde la Luja (a) , acquit, par ses propres yeux , la certitude de l'arrivée de l'armée russe , événement le plus désastreux qu'il eût à craindre dans sa position. Davout et la garde , étant arrivés successivement , furent placés en réserve derrière Eugène , l'un à droite, l'autre à gauche de la route.
Cependant , tant que les Russes se maintenaient dans Malojaroslawetz , Napoléon ne pouvait engager qu'un nombre déterminé de troupes , à cause du peu d'étendue du champ de bataille^ Il était difficile de tourner la ville , parce que la colline , sur laquelle elle était située, est assez rapide, boisée sur la droite , à
{a) Napolëdtt atàit ^piittë Bovowsk à neuf heures du maitm, s'était arrête à un bivouac au premier village après cette ville, en était reparti à onze heures et demie , était arrivé à une heure de raprès-midi sur lé plateau qui borde le vallon de la Luja.
une petite distance, et siUonnëe de rayins sut la gauche. Le feu d^un grand nombre de batteries , placées dans la plaine , accablait les Français aussitôt qu'ils atteignaient le sommet de la colline , et ils ne pouvaient se servir de leur artillerie , puisqu^il n'existait pas d'autres moyens de la conduire sur le plateau, qui est au delà de Malojaroslawetz , qu'en lui faisant traverser cette ville. Les Russes ne pouvaient non plus la tourner pour se diriger sur le pont, parce qu'aussitôt qu'ils débouchaient dans le vallon de la Lv^a*, ils étaient foudroyés par l'artillerie française placée sur la rive gauche de cette rivière. L'on était donc contraint de se battre dans Malojaroslawetz. Cette ville , embrasée depuis le matin , avait servi constamment de théâtre aux combattans, et ce n'était plus qu'en foulant aux pieds les cadavres dont elle était remplie qu'ils parvenaient à se joindre. Les divisions Broussier et Guilleminot étant insuffisantes , non pas seulement pour chasser les Russes^ de Malojaroslawetz, mais même pour s'y maintenir, la division Pino , composée d'Italiens et qui n'avait point encore combattu depuis le commencement de la campagne, fut envoyée à leur secours, et bientôt après une partie de la garde royale. Ces troupes réunies ,