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Valérie légère (à). Le général russe commît ces fautes ; mais Napoléon ne marcha qu*avec une extrême lenteur , et pourtant s'il n*eût point arjrêté Eugène un jour entier à Fominskoé, il atteignait Malojaroslawetz, et, par suite, Kaluga avant son adversaire, et réalisait ainsi son projet. Il n'en aurait pas moins essuyé de très-grandes pertes , mais assurément bien inférieures à celles qu'allait lui faire éprouver sa retraite par la route dévastée de Smolensk. II fut inexcusable d'avoir conservé tous ces embarras qui entravaient la marche de ses troupes ; il fallait laisser au Kremlin toute l'artillerie régimentaire et même celle des batteries de réserve (2). L'on aurait fait sauteries caissons, et formé de toutes les pièces un convoi escorté par les compagnies d'artillerie devenues disponibles , et sous la protection du corps de Mortier. Il aurait fallu aussi réduire les bagages au strict nécessaire , en commençant par ceux des maréchaux et de Napoléon lui-même (b) ,
(a) Il est inconcevable que KutusoC, dont la cavalerie lé-^, gère était sî nombreuse, n'ait pas fait pousser de reconnaissance entre les deux routes de Kaluga à Moskou. II y aurait trouve Parmëe française embarrassée dans le^ chemin de traverse qui réunit ces deux routes. **
{b) L'on aurait promis une indemnité double des pertes esfsuyées par la réduction des bagages.
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et prononcer la peine de mort contre les militaires qui auraient emporté des objets de pillage. Avec mie armée ainsi allégée, Napoléon aurait pu atteindre Malojaroslawetz le 21 , et de là se retirer sur Smolehsk , par les routes dont nous ayons parlé. Ainsi tout avait favorisé ce conquérant pour la réussite de son entreprise : le tems , qui avait été beau , la valeur et la bonne volonté du soldat , et surtout les fautes de son adversaire ; elle échoua par ses mauvaises dispositions.
Aussitôt que Napoléon eut acquis la certi-* tude ( le 24 dans Taprès-midi ) que toute Farmée russe était en présence , il devait faire commencer son mouvement de retraite par Mojaïsk et Wiazma , sur Smolensk, en abandonnant une partie de ses bagages et même de son artillerie , afin de marcher avec la plus grande rapidité (a). Mais alors les Russes y qui se prétendaient vainqueurs dans tous leurs bulletins , n'auraient pas manqué jd'apporter à
{a) Je n'ai pas beaoixi de dire que Napoléon aurait laissé Davout avec son corps et deux corps de cayalerie en avant de Malojaroslawetz pendant toute ]^ journée du â5^ et c[ue ce général se serait retiré dans la nuit du 26 an 26. Mortier se serait dirigé directement sur Mojaïsk , oii il serait anivé le ab, tandis qu'il n'y arriva que le 27.
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Fappui de la prétendue victoire de Malojaroslawetz la retraite de Napoléon le soir même du €omi>at : l'Europe aurait cru qu'il avait été vaincu. Il est donc probable que , dans cette i:irconstance ^ Famour propre eut une grande influence sur ses résolutions , et que , pendant cette profonde méditation dans laquelle il fut plongé le 24 au soir , il agitait la question de la retraite : l'orgueil et la raison étaient en préseace ; l'orgueil l'emporta ! Mais bientôt Nar poléon se vit forcé à la retraite, car il était trop habile pour ne pas juger sa .position , et c'e&t été trop attendre de la fortune et de l'impéritie de son adversaire que de prendre un tout autre parti. Cette résolution toutefois était tardive , puisque sa situation était devenue déses* pérée ; en effet , soit qu'il se retirât , par Mojaïsk et Wiazma , sur Smolensk , soit qu'il se dirigeât , par Médyn et ialdmow , sur Masalsk pour y rejoindre la route de Kaluga à Smolensk , il pouvait êti-e devancé par Kutusof , puisque de Gonczarowo à Slawkowo , village sîUïé deux journées au delà de Wiazma et de Gonczarowo à Masalsk , petite ville située sur la route de Kaluga à Smolensk, il y a moins loin que de Malojaroslaw^tz à chacun de ces endroits* Il semble aussi que la présence de
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Platof à Médyn , avec un corps de Kosaques et de cavalerie régulière , devait forcer Napoléon à se retirer, par Mojaïsk et Wiazma, sur Smolensk. Cependant , si Ton considère qu'il pouvait être devancé par Kutusof , soit qu'il se dirigeât sur Wiazma ou sur Masalsk; que ce dernier lieu étant plus rapproché , il avait plus d'espérance de l'atteindre avant son adversaire^ qui était lent et irrésolu ; que le corps de Platof pouvait seulement retarder la marche de l'armée , mais ne pouvait point lui opposer des obstacles insurmontables dans un pays plat où il était possible à l'artillerie de passer par tous les chemins de traverse , qui étaient alors trèsbeaux ; que le corps de Poniatowski , n'étant qu'à une petite journée de Médyn , se trouvait placé favorablement pour tourner Platof, en appuyant à droite ; enfin que la route de Masalsk offrait des ressources, tandis qu'on devait s'attendre à éprouver d'affreuses privations sur celle de Wiazma , on en concluera que c'était par Médyn , Jukhnow et Masalsk que Napoléon devait tenter de se retirer , mais en se faisant suivre seulement par l'artillerie des divisions et une très-petite quantité de bagages, afin de pouvoir faire des marches forcées. L'artillerie régimentaire , celle des réserves , ainsi