‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 39 sur 184 · LIVRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE IIL

traite de l^armëe française et Tëvacuation de Moskou (a).

{a) Il y avait cinq jours que l'évacuation de Moskou était eo&Bue de Kutusof. Il est impossible de se rendre raison du motif qui put rengager à difi^érer de douser de la publicité k un événement qui devait achever de relever les espérances des Russes. L'ordre du jour de Kutusof était conçu en ces termes : « Au moment où l'ennemi est entré dans Moskou , il a vu s'é* » vanoair les lottes espérances qu'il avait oomçues ; il«'atteB* » dait à y trouver Tabondance et la paix; il y a été privé de » toutes les nécessités de la vie. Fatigué par des marches Ion- » gués et continuelles , épuisé par le manque de vivres , har- » celé par nos partis , qui interceptaient les faibles secours qui » lui arrivaient , il a perdu des milliers de soldats tombés sans v oombttt honoraMe sous le fer de nos milices. Il n'«v«it plus » de perspective que la vengeance d'une nation qui avait juré » d'anéantir son armée , et chaque Russe lui montrait un hé- 1» ros ftuqndi ses promesses fallacieuses inspiraient à la Ibis le y» mëpris et l'horreur ; enfin toutes les classes qui con>posent 9 la population de l'empire opposaient À ses efforts une insnr- 1» mentable barrière. Après avoir éprouvé des pertes incalcu- » liMes , il a reconau , maïs trop tard , oMnbi«n ëtait insensé y» Tespoir qu'il aurait conçu d^^branler les fondeme^s de l'em» » pire par la prise de Moskou ; il ne lui est plus resté de salut 9 que dans une fuite pr^écipitée. U a donc évacué Mo^ou le » ^ de ce mois , abandonnant ses malades à la vengeance » d'iA peuple outragé.

» Les ei^cès horribles qu'il a commis pendant son séjour » dans cette capitale sont déjà connus et ont gravé dans le y> coeur de tous les #.usses un sentiment profond de ven- » geance. Sa rage impuissante s'est signalée au moment même » de son départ par la destsaption iL'une partie du&^mlin -,

Cependant Miloradowitz s^approehait de Wiazma ; après avoir passé à Jegoriewskoi , i Dudino et à Femenowskoe , il occupa » le 2 , Glodowo , village situé à droite dans les terres^ et distant de Wiazma de deux lieues seulement. Sa cavalerie légère bordait rUlitsa, ruisseau qui, après avoir coulé pendant deux lieues parallèlement à la route, à la distance d'environ trois quarts de lieue , se jette dans la Wiazma près de la ville du même nom. Depuis le départ

» là rinterposition de la puissance divine s'est manifestée en. )> sauvant la cathédrale et nos saints temples.

» Hâtons-nous de poursuivre cet impie ennemi , tandis que » d'autres armées , qui sont en Lithuanie , agissent de concert » avec nous pour sa destruction. Il précipite déjà sa fuite, brû- » lant ses caissons , abandonnant ses bagages et ces trésors ar- » rachés par des mains impies aux autels même du Seigneur. » La désertion et la famine répandent la confusion autour » de Bonaparte î les murmures des soldats s'élèvent derrière D lui , semblables au mugissement des vagues menaçantes. » Tandis que ces clameurs effrayantes accompagn^ent la re- » traite des Français , aux oreilles des Russes retentit la voix » de leur monarque magnanime. Ecoutez, soldats , les paroles » qu'il vous adresse : Eteignez les gammes de Moskou dans U » sang de ivoire ennemi. Russes ! obéissez à cet ordre solenyy nel! alors votre patrie, apaisée par cette juste vengeance, se » retirera satisfaite du théâtre de la guerre , et derrière ses » vastes frontières elle prendra une attitude majestueuse entre » la paix et la gloire.

» Grueniers russes , Dieu est votre ^de. »

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