LIVRE III
avait déjà essuyé de grandes pertes. Jusqu^à Mojaïsk , le pays avait offert quelqiœs ressources, surtout en fourrages ; mais les incenr dies , qui avaient été si nombreux pendant que Ton marchait sur Moskou , le devinrent encore davantage , et par les causes que nous avons développées ; on peut ajouter que le soldat , en quittant des lieux qu^il ne croit jamais revoir , est enclin à les détruire. Napoléon essaya en vain de réprimer ce désordre ; les circonstances s'y opposaient, et le tems manquait pour j
» leis dispositions qu'il y aura à faire. Il faut réprimer avec vi- » guear les entreprises de cette canaille deKosaiques, et se con- » dnire avec eux comme nous le faisions en Egypte avec les » Arabes. » Signé ALEXANDRE. »
L'ordre de marche ^e prescrivait Napoléon ne fut peint suivi , et ne pouvait l'être , parce que tous les passages de pont$ désunissaient les convois , et que les moindres collines produisaient le mdme effet, par suite dû déplorable état des attelages ; irassi la ptremière voitiiM d'im (xfmvùi était^^dle soàvent éloignée de plusieurl^ lieues de la dernière. L'on donna cependant des escortes aux convois, et ce fut une àes principales causes de la destruction de l'infanterie. Les corps qui firent ce service furent les premiers anéantis. U était également impossible d'empédker qu'il n'y eAt dtes isolés, et mâme des isolés •ans aUnes , puisque k vie q«e menaiest les soldats engendrait beaucoup de maladies et <n réèuisah un grand noislm À un tel état tie ledblesBe, qiie, loin dis pouvoir ^oMer leurs armes , ils pouvMirt à peine setrbkier «HV^ménies.
parvenir. L^airière-garde était donc obligée de s'écarter beaucoup plus de la route que les troupes qui ]a précédaient pour aller aux fourrages et à la maraude , ce qui Taccablait de fatigue , et faisait tomber un grand nombre de soldats entre les mains des Kosaques. Depuis Mojaïsk , Ton éprouva de plus grandes difficultés encore pour se procurer des fourrages (a) , et il devint presque impossible d'envoyer des détachemens à la maraude : il aurait fallu une journée entière pour pénétrer jusqu'aux lieux habités , et l'on ne pouvait séjourner , dans la crainte d'être devancés par les Russes. L'armée se trouva donc réduite aux seules ressources qui pouvaient avoir été réunies sur la route par laquelle elle se retirait , et à celles qu'elle traînait avec elle. Les premières étaient presque nulles , parce que Napoléon , n'ayant jamais songé à se retirer sur Smolensk par la route qu'il avait suivie en marchant sur Moskou , n'avait préparé aucun approvisionnement (6) ; les secondes ne consistaient qu'en troupeaux, car
(a) Une lieue ëtait la distance la plus rapprochée de la route à laquelle on pût espérer de trouver des fourrages ; ordinairement on n*en trouvait q}x*k plusieurs lieues.
{b) L'on trouva cependant à Gjat et à Wiazma assez de farine pour en distribuer aux troupes de la garde.