II
i3o EXPÉDITION DE RUSSIE.
Aussitôt après aVoir dépassé Mojaïsk, l'arrière-garde avait été contrainte de faire sauter des caissons , pour qu^ils ne tombassent pas entre les mains de Fennemi : de pareils sacrifices s^ étaient renouvelés journellement depuis , et Ton avait p[)ême été contraint d^abandonner du canon. Vun des commandans des corps d^arniée de Napoléon lui transmit alors la proposition de son général d'artillerie, d'abandonner une partie de Vartillerie (4) pour sauver l'autre ; mais Napoléon la repoussa comme déshonorante pour tine armée victorieuse. Depuis son arrivée à Moskou , l'orgueil de ce conquérant le tint dans une entière illusion sur sa situation; il se formait un état des choses selon ses désirs , et donnait des ordres en conséquence ; aucun de ses généraux n'osait essayer de le tirer d'erreur ; aussi ne prit-il de bonnes résolutions! que lorsqu'elles lui étaient dictées par lai plus impérieuse nécessité. Ainsi s'expliquent les revers inouïs qui vinrent l'accabler!
Le 3 novembre avant le jour , Poniatowski , Eugène et Davout se dirigèrent sur AViazma. Ney était en position à droite de cette ville (a) ,
{a) Toutes les fois que je raconterai un combat , \e désigne-