LIVRE III. i
ses troupes ; sa gauche s'appuyait à la droite d^Eugène , près de la grande route ; sa droite était en avant de Ney , qui engagea une brigade pour la soutenir. Ainsi la ligne de bataille de Davout formait un angle très -aigu avec la grande route. Miloradowitz attaquait avec environ dix-neuf mille hommes d'infanterie , six mille de cavalerie et huit mille Kosaques. Les forces françaises réunies alors près de Wiazma s'élevaient à environ trente -sept mille cinq cents hommes (à) , dont trois mille de cavalerie dans le plus mauvais état : l'artillerie était encore très-nombreuse , mais pouvait à peine se
(a) J'évalue approximativement la force des corps qui étaientréunis près de Wiazma ainsi qu'il suit :
!«*■ corps -. . i3, 000 hommes.
3* corps 6,000
4* corps. ., . la, 000
5« corps 3,5oo
1" et 3e corps de cavalerie et la cavalerie légère §1
des corps d'armée • ; 3, 000
Total. 37,500 hommes.
Je ne comprends dans cette évaluation que les troupe» qui étaient restées sous les drapeaux, et aucunement les traîneurs. L'on voit qu'il n'y avait que la garde, le huitième corps. (réduit à 1 200 hommes ) , et deux corps de cavalerie qui ne prissent pas part au combat de Wiazma.
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traîner ; il fallait que renqemi vînt s'offrir à ses coups pour qu'on pût l'utiliser. Aucun des maréchaux dont Içs corps étaient engagés n'ayant reçu le commandement , ils se réunirent sur la grande route , entre le quatrième et le cinquième corps, afin de concerter leurs opérations , et se décidèrent à la retraite : c'était le seul parti raisonnable , puisque chaque instant de pétard était une calamité. Le soldat , d'ail- Içurs , déjà affaibli par les privations , les fatigues et une mauvaise nourriture , était accablé d'être resté depuis le matin sous les armes. La retraite commença à deux heures de l'aprèsmidi , sans que Ton cessât de combattre ; Eugène et Poniatowski l'effectuèrent, en bon ordre, au travers de Wiazma; Davout, avec quelque précipitation , sur le pont construit à droite de cette ville. Ney fit l'arrière-garde ; il s'arrêta derrière la Wiazma , après avoir livré aux flammes ce qui subsistait encore de la ville de ce nom. Les autres corps bivouaquèrent à peu de distance , dans une vaste forêt que la route traverse. Quelle nuit! ce fut la plus cruelle depuis le départ de Moskou ; l'armée perdit environ quatre mille hommes, tués ou blessés , beaucoup de bagages , quçlques canons , et l'ennemi lui fit quelques milUers de