‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 53 sur 184 · LIVRE III, i · texte numérisé non relu

LIVRE III, i

Jtthot , qui marehait à Pavant-garde , atteignit Smalensk , mais il n^y entra point ; il fut cantonner deux lieues au delà , sur la route de Mstisiftw. Smolensk , dès le 7 , s'était rempli de militaires isolés qui avaient devanc^ l'armée, ïl fallut leur distribuer des vivres, sans quoi ils auraient pillé les magasins , et l'on essaya en vain de leur faire continuer leur route. Depuis cette époque,. on ne laissa pénétrer dans la place aucun militaire isolé.

Le 9 , Napoléon revit Smolensk , et apprit , en y arrivant, que Witepsk venait de tomber au pouvoir de l'ennemi. Que de changemens s'étaient opérés depuis deux mois et demi qu'il avait quitté cette ville! vainqueur alors , et se croyant assuré Ide réussir dans cette grande entreprise de l'asservissement de l'Europe ; aujourd'hui fugitif et touchant presque à sa ruine.

Le journaéaie de son arrivée à Smolensk fut marqué par trois évcnemens désastreux : la perte d'une brigade de la division Baraguayd'HiUien^, le passage du Wop, si funeste au quatrième «orps , et l'accroissement rapide du froid. Mais n'anticipons point sur le récit «des événemens.

Nous avons vu qu'après le combat de Wiazma, MUoradowita^ et Platof avaient poursuivi

i5o EXPÉDITION DE RUSSIE.

l'armée française , tandis que Kutusof s'était dirigé sur lelnia* Nous avons parlé du. combat de Semlewo ; depuis , Ney eut à soutenir un nou*' veau combat le 7 novembre, peu avant qusd'arriver à Dorogobuj. La poursuite sur une route dévastée que les Français n'abandonnaient qu'après avoir brûlé tout ce qu'ils pouvaient atteindre , faisait éprouver de grandes pertes au corps qui en était chargé ; par cette raison , Miloradowitz quitta , quelques lieues au delà de Dorogobuj , la route de Smolensk pour se diriger sur Liackowa , se contentant de faire poursuivre Ney parle général Yurkof , auquel il laissa une division d'infanterie et quelques régimens de Kosaques. Platof, avec ses Kosaques , poursuivait Eugène sur la route de DQbhowzina. Une journée avant que d'arriver à cette ville , on traverse le Wop^ petite rivière guéable, qui se jette , à quelques lieues de là , dans le Dnieper ; elle est encaissée , ses rives sont escarpées , et la glace qui la recouvrait ne portait point encore. Le 8, Eugène avait fait travaUleiî à la construction d'vuapont, mais tout man*quait pour ce genre de travail ; on ne'» put lui donner la solidité nécessaire ; il se rompit, et le g au matin, quand le quatrième corps atteignit le Wop , un grand nombre de militaires

Page 1