LIVRE III. i
quelques blessés et malades\ environ soixante bouches à feu , un grand nombre de voitures et beaucoup d^effets précieux provenant du pillage de Mpskou, et dispersés ça et là sur la neige. Un grand nombre de soldats malades ou trop affaiblis avaient jeté leurs armes aussitôt après avoir passé le Wop , si bien que k quatrième corps ne comptait plus sous les drapeaux qu'environ six mille hommes , et des quatre-vingtdouze bouches à feu qu'il traînait en quittant Moskou , il ne lui en restait plus que douze. . Platof poursuivait ce corps et le canonnait ; il avait profité du retard qu'il venait d'é- ]prouver pour le faire devancer par plusieurs régimens de Kosaques qui s'étaient rendus à Dukhowszina en faisant un circuit. Ils occupaient toute la plaine dans laquelle se trouve située cette petite ville , et particulièrement la route par laquelle arrivait Eugène. L'état de désordre où se trouvait le corps de ce général , et la poursuite de Platof exigeaient qu'il prît son parti sur*-le-chf^mp ; il ordonna donc à la garde royale , qui marchait à l'avant-garde , de se ployer en colonne serrée , et de les aborder vivement. Les Kosaques ne tinrent point ; ils se retirèrent aussitôt, laissant Dukhowszina à la disposition des Français. Cette ville ,
ïS4 EXPÉDITION DE RUSSIE,
où il n'était passé que peu de troupes , n'avait point souffert , et offrit dès ressources. Eugène se vit'en cjuelque sorte contraint d'y séjourner le 1 1 pour remettre de l'ordre parmi ses trou- . pes, et leur accorder un repos dont elles avaient si grand besoin. Le 12 , avant le jour , il se remit eh marché , entouré de tous côtés par les Kosaques , et le i3 il atteignit Smôlensk. Son arrière-garde avait livré aux flammes Dukhowszina et tous lès lieux qu'elle avait pu atteihdre Nous avorià vu que Kutusof s'était dirigé sur leliiia ; il y ebt son quartier général le 9 octobre', et ce m'éme jour, Orlof-DênisÔf (a) ceriia dans le' village de LiackoWa'la brigade Augeréau (de la divîsîôii Baraguay-d'Hilliérs), fôirtè de plus de deux mille Hommes, et la contraignit à mettre bas les armes , à la suite d'un combat assez vif. Liackowa contenait des magasins de vivres qui furent d'une grande ressource pour l'armée russe. Kutusof/ afin d'^empêcher Niapôléon de se retirer par là roûtê d'Ôrszâ'et Minsk , sur^ laquelle sfcl trouvaient
(a) Orlof-Denisof commandait un détachement compose d'un régiment de chasseurs à pied, de deux régimens dé cavalene, de plusieurs Végimén^ 'de'KosatJiiés et dé àouie bouchés à feu. Il faisait le service de partisan. Kutusof avait formé ainsi plusieurs détachemens pour harceler l'armée française ; la plupart n'étaient composés que de cavalerie.