LIVRE III
seize mille hommes d'infanterie , six mille de cavalerie et plus de cinq mille Kosaques. Ce général ayant appris que le quartier général de Reynier était à Wolkowisk , couvert seulement par quelques compagnies , résolut de le surprendre. Le 1 5 , à trois heures du matin , il culbuta les compagnies qui couvraient Wolkowisk , et entra inopinément dans cette ville : Reynier et les généraux qui y étaient logés furent obligés de se retirer en toute hâte , ce qui occasiona quelque confusion. Des officiers russes qui parlaient français, profitant de Fobs^ curité pour se dire Français , il y eut plusieurs méprises funestes aux Saxons et aux Français. Après un combat court, mais animé , les Russes conservèrent la ville (a) ; Reynier la reprit au point du jour. Sacken déploya alors son armée ; sa droite vint occuper la route de Wolkowisk à Slonim , pour couper la communication de Reynier avec Schwartzenberg ; son centre et sa gauche occupèrent les deux routes de Prujany : il se contenta pendant cette journée d'attaquer mollement la gauche de son adversaire, espérant sans doute qu'il le forcerait ainsi à la
{a) Les Russes prirent dans Wolkowi»!^ une assez grande quantité de bagages.
lyo EXPÉDITION DE RUSSIE,
retraite sans être obligé de lui livrer bataille. La première attaque , exécutée seulement par de la cavalerie , fut repousssée par la cavalerie saxonne ; la seconde , plus sérieuse , et qui fut exécutée par de Tinfanterie et de la cavalerie , mais qui avait été préparée avec lenteur , fut repoussée par l'infanterie saxonne que Reynier eut le tems de faire passer sur sa gauche pour y occuper un bois qui s'y trouvait. Le i6 au matin , Sacken fit attaquer Wolkowisk par deux mille hommes , et s'en empara ; Reynier n'y avait laissé que quelques compagnies , ayant peu d'intérêt à conserver ce poste , qui était détaché de sa position. A midi, Sacken. fit attaquer de nouveau la gauche de Reynier; il semblait vouloir pousser vivement cette attaque, lorsque , vers les trois heures , on entendit le caiion du côté du bourg d'Izabelin , en arrière du centre de Sacken , et aussitôt l'on s'aperçut qu'une partie des troupes russes rétrogra-daient; ce mouvement était oçcasioné par l'arriyée de Scbwart^enberg, qui débouchait en arrière du centre de la position des Russes : le général autrichiea, ay;^nt été iastruit, le jour même de son arrivée à Slonim (i4 novembre) ,^ de la retraite de Reynier sur Wolkowisk, avait laissé à Frimont six mille cinq cents^