‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 64 sur 184 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

bommes, et avec le reste de son corps , qui s^élevait à dix huit mille hommes, il s^était dirige le lendemain par Iwachkewitski sur Izabelin , où son avant-garde arrivait. Le bruit du canon et le mouvement rétrograde des Russes ne permettant point à Reynier de douter de l'arrivée de Schwartzenberg , il attaqua aussitôt A/Volkowisk et s'en empara. Sacken profita de la nuit pour se retirer sur Swislocz, en suivant des chemins de traverse. Il fut assez heureux pour atteindre cette ville avant Reynier (a) , sans quoi il se serait trouvé dans une situation très-critique , puisque le corps autrichien s' étant dirigé sur Porozow, coupait sa retraite par Prujany. Le 17, avant le jour, Reynier se mit en marche ; il prit d'abord la route de Prujany, par Porosow ; et ayant mis sa cavalerie à la poursuite de Sacken , il se dirigea sur Hrinski pour tâcher d'y devancer le général russe ; il y arriva en même tems que l'arrière garde ennemie qu'il culbuta. Sacken, échappé à d'aussi grands dangers, partagea son armée à Rudnia, et se retira, à marches forcées,

(a) Reynier aurait pu devancer Sacken à Swislocz en marchant la nuit) puisc[u'il avait à sa disposition, pour se rendre à cette ville, une grande route, tandis que Sacken ëtait obligé de suivre des chemins de traverse.

172 EXPÉDITION DE RUSSIE, sur Brezesc-Litowski et Kobrin, où il arriva le 24 novembre, et ^'où il se retira sur liukoml et Kowel. Son armée se trouvait diminuée d'environ dix mille hommes , parmi lesquels sept mille avaient été faits prisonniers , et il avait perdu presque tous ses bagages et quelques canons. Rey nier arriva le 24 novembre à Brezesc-Litowski, et Schwartzenberg, le jour suivant , à Kobrin. Le général autrichien reçut dans cette ville une dépêche que Maret lui adressait {a) pour l'engager à rétrograder promptement sur Minsk ; il s'arrêta donc le 26 novembre , etcommença son mouvementrétrograde le 27 : son avant-garde était alors à Mokrany. Reynier resta à Brezesc-Litowski jusqu'au I" décembre , époque à laquelle il prit la même direction.

Schwartzenberg , trop éloigné de la ligne de retraite de l'armée de Moskou , ne pouvait plus lui être d'aucun secours; le sort de cette armée devait être décidé , avant même que ce général pût atteindre Minsk , et Napoléon ne pouvait plus fonder d'espérances de salut que sur Victor. Avant que de reprendre la suite des opérations

{a) On se souvient que Maret avait été autorise par Napoléon à donner des ordres dans des cas d'urgence.

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