LIVRE IIL
de ce général , je vais faire quelques observations sur celles que je viens de raconter. J'ai Uâmé Tchitchagof du repos qu'il avait pris après avoir chassé Schwartzenberg de la AVolhinie ; il fut également blâmable de la lenteur de sa marche sur Minsk. Cette opération décidée, il devait l'exécuter rapidement. Schwartzenberg aurait dû renforcer le corps de Reynier d'une brigade d'infanterie et de la moitié de sa cavalerie (a); avec cette augmentation de forces Reynier aurait pu tenir Sacken en échec, et Schwartzenberg pouvait alors suivre Tchitchagof. Le général autrichien , s'étant décidé à rétrograder avec son armée pour combattre Sacken , aurait dû revenir sur ses pas le 1 7 , se contentant de laisser deux mille hommes de cavalerie à Reynier, qui en manquait, et qui se serait alors trouvé assez fort pour repousser Sacken au delà de la Muchawetz (S). La mar*
(û) Peut-être Schwartzenberg ne crut-il pa;5 devoir se permettre de détacher cette brigade , parce qu'il avait été stipulé , dans les articles secrets du traité avec VAutriche, que le corps autrichien ne pourrait, être divisé et formerait toujours un corps distinct et séparé ; mais alors il pouvait envoyer Reynier à la poursuite de Tchitchagof, et se charger de maintenir Sacken.
{b) Reynier , renforcé par deux mille hommes de cavalerie autrichienne , aurait été assez fort pour continuer à poursuivre
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che insensée de Schwartzenberg pour poursuivre Sacke^, tandis que le salut des armées françaises exigeait au contraire quHl se dirigeât à marches forcées sur les traces de Tchitchagof, a fait penser que cette conduite lui avait été tracée par sa cour. L'on n'a jusqu'à ce jour apporté aucune preuve de cette assertion ; la conduite de Schwartzenberg s'expliquerait d'ailleurs naturellement par le désir de ménager ses troupes en les opposant à des forces très-inférieures , et en les rapprochant de la Gallicie , tandis qu'en suivant Tchitchagof il devait s'attendre à éprouver de grandes pertes , surtout s'il opérait sa jonction avec l'armée de Moskou (a).
Sacken , dont les forces étaient diminuées par suite des pertes éprouvées dans là journée du 16, et parce que ce général aurait fait de nouvelles pertes pendant sa retraite , qui aurait été d'abord aussi précipitée que si Farmée autrichienne n'eût pas rétrogradé , parce que se voyant poursuivi par de la cavalerie autrichienne, il se serait écoulé plusieurs jours avant que Sacken eût été instruit du départ de l'armée de Schwartzenberg.
(rt) n est indubitable que Schwartzenberg avait reçu pour instruction de ménager ses troupes autant que possible. L'Autriche , dans toutes les guerres ou ses troupes ont été mêlées avec d'autres troupes , a toujours poussé ce soin si loin , qu'il a nui souvent à la gloire de ses armes. Il est juste aussi d'ajouter que Schwartzenberg n'avait aucune connaissance de la situation critique de Napoléon.