LIVRE III
Kutasof était sixt la «gauche de la rois te de Meskoa a Smolensk (a) , et qu'rl ne pouvait se rendre à Witepsk qu^en passant par cette dernière ville.
L'armée , pendant son séjour à Stnolensk , fut accablée par un fléan terrible , pour ainsi dire inconnu dans nos climats, et qui semblait devoir achever sa destruction. Le froid, qui avait augmenté progressivement depuis Tapparition de la'neige, devint tout à coup excessivement rigoureux. Le 9 novembre le thermomètre marquait douze degrés au dessous de zéro , le 1 2 et le 1 3 il en marçia dix-sept. Les effets d%m froid si rigoureux , sur des malheureux accablés de tant <le maux , f urei^t terribles ; il y en eut beaucoup qui périrent ; un plus grand nombre eurent les pieds, les mains ou le nez gelés (6). Smolensk
(a) p9. certitude qu'une |»artie de l'arn»^ crusse seulemei^ avait combaUu à Wiazma^ la perte de la brigade Augereau et les renseignemens obtenus en questionnant les prisonniers faits sur les corps de pattisams qui précédaient l'armëe de Rutusof , ne pouvaient laisser aucun doute sur k marche de ce général. Il devenait alors naturel de supposer qu'il se dirigerait sur Krasnoi ou tout autre point de la route de Smolensk à Orsza , pour couper la retraite de Farmée de Moskou ; mais l^iapoléon , d'i^rè» sa ktlre à Victor., âetnble nu contraire persuadé que Kutusof attendra qu'il ait évacué Smolensk pour se porter par cette ville sur Witepsk.
(ù) Ces parties du coips sont les plus sensibles à Tactiori du froid.
i88 EXPÉDITION DE RUSSIE,
et les environs se remplirent de cadavres. Heu-reusement le tems se radoucit le i4 .' si le froid avait continué à augmenter d'intensité, peu de jours auraient suffi pour anéantir l'armée.
Cependant Napoléon ne recevant point de nouvelles d'Eugène , avec lequel toutes les communications étaient interrompues à cause de ta multitude des Kosaques qui l'entouraient, et parce que Smolensk , depuis le 1 1 , était cerné sur la rive droite par des régimens de Kosaques détachés du corps de Platof , ordonna à Ney de ne se retirer que très-lentement. Le 12 , ce général , étant en position à Tsughinowo , fut attaqué par Yurkof ; le combat dura toute la journée et fut très-sanglant ; Ney conserva , sa position. Ce même jour , Zayonscheck (a) se dirigea , par Wolkowo , sur Krasnoi , et Junot sur la même ville , mais par la grande route. Ce dernier général , ayant réuni aux débris de son corps les cavaliers démontés , fut chargé d'escorter l'artillerie de la garde et le grand parc d'artillerie.
Le i3, Claparède partit pour Krasnoi avec sa division ; il escortait le convoi des trophées ^ celui du trésor et les bagages du quartier géné-
(q) Le général Zayonscheck avait remplacé , dans le commandement du cinquième corps, Poniatowski , blessé par suite d'une chute de chevid.