LIVRE IL if
Pintérieur des terres, par le chemin de traverse le plus rapproche , se faisant couvrir par leur cavalerie , et auraient reparu bientôt après sur un autre point, où ils auraient attaqué de nouveau les convois et les détachemens.
Pour assurer les communications , il aurait fallu laisser dans chaque étape trois mille hommes, qui auraient été obligés de s'y retrancher, et ne faire marcher que des convois de Cinq mille hommes au moins avec du canon. Napoléon ne pouvait détacher de son armée une aussi grande quantité de troupes ; il aurait donc été obligé de se reployer sur Smolensk (a). Loin que Kutu-
(a) L'on doit se souvenir que Dorochof , qui avait au plus deux nulle hommes d'infanterie , avait forcé Napoléon à envoyer une division d'infanterie, les chasseurs de ^a garde et dé l'artiUerie à trois lieueà et demie de Moskou , et trois lieues et demie plus loin , mille hommes d'infanterie, les dragons de la garde et de l'artillerie. Quoiqu'il eût fait beaucoup de mal à Napoléon, je pense qu'il pouvait lui en faire encore davantage s'il eût été moins timide ; sa seule entreprise hardie fut l'attaque de Wéréia, qui réussit.
Si Napoléon se fût arrêté à Smolensk , et qu'on eût émis l'opinion qu'il aurait pu se diriger directement de cette ville sur Moskou avec toute son armëe réunie sur la grande route qui y conduit , et sans avoir détruit l'armée russe , l'on aurait été taxé de folie , et avec raison. Il fallait , pour que Napoléon parvînt à pénétrer jusqu'à Moskou , que son adversaire manquât à toutes les dispositions qui auraient pu Fen empêcher. II. a
t« EXPÉDITION tfE RUSSIE;
sof eût employé ces moyens, si simples et si £3^ ciles, pour forcer son adversaire à la retraite^ il ne fit gêner sa communication depuis Mojaïsk jusqu^à Smolensk, que par quelques faibles détachemens de cavalerie. Aussi pas un seul des détachemens d'infanterie laissés dans les lieux d'étape ne fut enlevé. Ces dispositions auraient été encore plus efficaces si Kutusof se fût retiré jusqu'à Mojaïsk sans xombattre (a). On ne saurait néanmoins lui reprocher d'avoir livré la bataille de la Moskwa , puisque le vœu de la nation et de l'armée l'y avaient en quelque sorte contraint. Napoléon était tellement convaincu qu'H ne pouvait continuer à s'éloigner de Smolensk , si Kutusof se portait sur ses communications, qu'après avoir dépassé Mojaïsk, il arrêta brusquement ses corps d'armée , parce <jue n'ayant point de nouvelles de ce général, il craignait qu'il ne se fût retiré sur Kaluga, où qu'il ne se fût porté sur ses communications avec la totalité ou une partie de son armée. De nos jours , la nécessité des munitions et la grande consommation qu'on en fait , force à entretenir une communication non interrom-
(a) Alors seulement Tarmée ëtant beaucoup plus forte , on aurait porté rinfanterie des détachemens dont je viens de par^ ier à huit ou dix mille hommes.