‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 84 sur 184 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

forces d€ Kutusof fussent quintuples de celles de son adversaire , il fit rapprocher Miloradowitz de Szidowa ^ et ne laissa' sur la route que des Kosaques : ainsi , contre toutes les apparences, le but que se proposait Napoléon fut rempli.

Davout , le jour de son départ de Smolensk (16 novembre), était venu bivouaquer une lieue au delà de Koritnia (a) ; instruit bientôt du désastre d^Eugène et de l'occupation de la route par le corps de Miloradovs^itz , il sentit qu'il devait se hâter , afin de ne pas laisser le tems à l'ennemi d'augmenter ses forces. Ayant donc fait prévenir Ney de la nécessité où il se trouvait de continuer son mouvement de retraite sans l'attendre , et n'ayant laissé à ses troupes que le tems strictement nécessaire pour prendre un peu de repos et de nourriture, il repartit à trois heures du matin ; s'attendant à être obligé de combattre pour se frayer un

(a) Lies quatre divisions du premier corps araieulT marché, i des intervalles d'une deini4ieue , afin de protéger Tartillerie . et les bagages exposés aux attaques continuelles des Kosaques^ elles bivouaquèrent dans Tordre de leur marche ; c'était la division qui marchait à Pavant -garde' qui bivouaquait une lieue au delà de Koritinia.

îo8 EXPÉDITION DE RUSSIE.

passage, il faisait marcher ses divisions plus réunies que la veille. Le jour commençait à poindre lorsquHl traversa le terrain sur lequel Eugène avait combattu ; il s'aperçut avec une vive joie que Miloradowitz s'était retiré , et continua sa marche sans que Tennemi montrât d'abord d'autres troupes que des Kosaques. Arrivé au hameau de Katowa , il fut canonné par Miloradowitz , qui avait pris position à droite de la route. La jeune garde était alors engagée ; mais quoiqu'elle fût déployée sur une seule ligne, elle n'occupait pas tout le front des Russes; on fit donner le régiment des grenadiers hollandais de la garde. Napoléon appuyait sa gauche au ravin qui passe à Katowa, sa droite était en avant de Krasnoi ; sa ligne de bataille se trouvait sensiblement parallèle à la grande route. Aussitôt que la division du corps de Davout, qui marchait la première, eut passé le ravin , elle fut envoyée à l'extrême gauche en première ligne ; les autres divisions continuèrent leur retraite.

Napoléon était alors à pied sur la route , entre Krasnoi et Katowa; il portait le costume polonais que nous avons décrit , et tenait à la main un bâton de bouleau ; Berthier l'accom-

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