‹ Histoire de l'expédition de RussieChapitre 95 sur 184 · UVRE III · texte numérisé non relu

UVRE III

glace qui recouiPrait le fleuve. Ney se décida à effectuer son passage dans un endroit situé entre les villages de Syrokorenie et Gusinoe ; la glace portait à peine ; elle fut bientôt rompue à rentrée et à la sortie du fleuve ; il fallut abandonner ce qu'on avait conservé d'artillerie, de bagages et de chevaux ; et les fantassins , qui seuls purent passer , furent obligés de s^ mettre dans l'eau jusqu'à la ceinture pour atteindre et quitter la glace. Ce passage extraordinaire s'effectua pendant la nuit du i& au 19 novembre : l'ennemi ne le contraria point (a). Le corps français parvint ainsi à mettre le fleuve entre lui et l'armée russe, mais il se trouvait réduit à trois mille hommes , qui étaient suivis d'un nombre à peu près égal de militaires isolés. Ney atteignit au point du jour le village de 'Gusinoe , dans lequel il surprit , à son grand étonnement , quelques Kosaques qu'il fit prisonniers ; il en apprit que Platof , ayant continué à marcher par la rive droite du Dnieper, était , avec son corps, à une petite distance de Gusinoe ; ainsi de nouveaux périls succédaient à ceux auxquels on venait d'échapper. L'on devait d'ailleurs craindre que Kutusof ne fît passer

(rt) Ney n'avait été suivi que par quelques Kosaques.

33a EXPÉDITION DE RUSSIE,

un corps d'infanterie à Khomino (ïu îi Ra^ sasna , ce qui aurait replacé le troisième corps dans une position non moins critique que colle lie laquelle il venait de se tirer; aussi ^ quoique ks troupes fussent accablées de fatigues, Ney ne leur accorda que le tems nécessaire pour prendre quelque nourriture , et repartit aussitôt ; il se proposait de rejoindre Napoléon à Orsza*

Cependant dès que Platof eut été averti de la présence des Français ^ il se mit à leur poursuite, et cette journée les aurait vu tomber an pouvoir des Russes sans Ténergie extraordinaire que déploya leur général Les Kosaques^ s'étaient déjà montrés, mais en petit nombre , lorsqu'au sortir d'un bois il fallut traTerscr une plaine assez étendue que côtoyait le fleuve ; Platof, en personne, rocrupait avec ses Kosaques. Ney , craignant devoir paraître de rinfanterie et de rartillcrîc , s'y engagea sur-lechamp; ses divisions ^îloyées en colonnes serrées, appuyaient leur gauche au Dnieper , et àes tirailleurs, placés sur leur flanc droit, éloiî^naient les Kosaqnes, Dès que l'on fut enj:!;agé dans cette plaine , une nombreuse artillerie, paraissant tout à coup sur la droite de la colonne^ la catiouna vivement. Dans cette

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