LIVRE m. 23i
extrémité Ney pressa la marcbe pour .gagner un bois qui ét^|; devaiiit lui \ il était sur le point de Tatteindr^y lorsqu'une bartterie, embusquée dans ce bois , tira â mitraille sur la .tête de colonne , où il se troi^vait ^ors , et y porta la destruction et le désordre. Un découragement spontané s'emparedu soldat; il jette ses armes, s'écriant pour la jNremière fois qu'il fallait se rendre. Ney , resté presque seul à cheval (a) , écumait de rage ; il parcourt la colonne » anîme les soldats d'une voix terrible , leiu* montre la France d'un coté , de l'autre la plus affreuse captivité, et parvient amsi à leur communiquer son audace. Us reprennent leurs armes , et , poussant des cris q>ouvantad>le$, se précipitent sur la batterie , qui n'eut que le tems de fuir. Ney altei^^ ainsi le bois; il n'y trouva aocuu chemin frayé, traversa un ravin dont Je passage offrit tant de difficultés , qu'il fut <ibUgé d'alttndonner ks chevaux ^Uls'étaîît procurés dqmis qu'il était surlaii^e droite du Dnieper, et arriva peadanrt la nuk à un vîUage joù il
(â)*Quélcpe6 cMâers tétaient tnoniët avec dos cfaeruiz des Kosaques pris âa»a le viUage de Gusinoe , fsX avec des chevaux de paysans. Plusieurs des officiers de l'ëtat major de Ney «urent leurs chevaux tués par rartillerie embusquée dans le bois.
s'arrêta pour prendre quelque repos. Au point du jour (20 novembre) il se remit en marche ; les Kosaques , obligés de faire un long détour pour le rejoindre , ne parurent que vers le milieu de la journée , pendant que Ton traversait un terrain découvert; leur artillerie n'était point encore arrivée ; <ies tirailleurs suffirent pour les écarter. A la chute du jour l'on s'arrêta au village de Jacupowo , situé près d'un bois , et Ton établit des feux de bivouacs autour de ce village et sur la lisière du bois. N'étant plus éloigné d'Orsza que d'une journée, Ney y envoya deux officiers (a) qu'il chargea d'instruire Napoléon de son extrême détresse ; puis, à neuf heures du soir, il partit, dans le plus grand silence , aiin de devancer l'ennemi. Il espérait enfin atteindre Orsza, lorsqu'en débouchant d'un bois, l'on aperçut à peu de distance des feux de bivouacs qui semblaient indiquer la présence d^une armée de vingt mille hommes. Etait-ce des Français.^ était-ce des Russes? Ney , pour s'en assurer, envoya raie reconnaissance qui fut reçue à coups de fusils , et l'on entendit un grand bruit de tambours; ainsi c'était iin coi-ps d'infanterie ennemi. Ne cou--
[a) Ces officiers étaient montés sur des chevaux de paysans.