SOUS LE CONSULAT DE BONAPARTE
APRÈs que la France et la Grande-Bretagne eurent signé, au commencement de ce siècle, les préliminaires du traité d'Amiens, les feux de la guerre ne s'éteignirent en Europe, que pour se rallumer dans une île de l'Archipel-Américain : le gouvernement français fit les préparatifs d'une expédition formidable contre Saint-Domingue , à Flessingue , Brest, Lorient, Rochefort et Toulon. Isaac-Louverture était, à cette époque, à Paris, au collège de Ja Marche, dont M. Coasnon était le principal. Placide- Louverture, son frère, qui s'était embarqué à Brest,
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sur le vaisseau de l'amiral Gantheaume, en qualité d’aide-de-camp du général Sahuguet, dans la ferme croyance qu'il allait à Saint-Domingue, tandis que, sans s’en douter, il ne servait qu'à masquer le véritable but d’une expédition navale qui devait porter des renforts à l’armée d'Egypte : était de retour depuis peu à Paris, l'escadre française ayant été forcée d’entrer à Toulon. Il demeurait avec Isaac- Louverture au collège de la Marche. Tous les deux n'étaient pas sans inquiétude au sujet de l’armement qui se faisait contre leur pays. Mais ils furent rassurés par une démarche solennelle de la part du gouvernement français. M. Coasnon fut mandé au ministère de la marine; le ministre lui fit la pro-
position d'aller accompagner à Saint-Domingue les
“enfans de Toussaint-Louverture. M. Coasnon, soit
par amitié pour ses élèves, soit par toute autre
considération, y consentit. Il s'empressa de re-
tourner au collège et d'annoncer cette nouvelle à
ses deux jeunes élèves en les embrassant, en fon-
dant en larmes, et en leur disant que le gouverne-
ment français n'avait que des vues pacifiques.
Peu de jours après, il recut une lettre du mimistre de la marine qui lui apprit que le consul desirait voir Placide et Isaac-Louverture, et s’entretenir avec eux avant leur départ pour Saint- Domingue. A leur arrivée chez lui, le ministre confirma en présence de M. Coasnon, ce que celui- CI avait dit auparavant à ses élèves relativement aux
affaires de Saint-Domingue ; puis les invita à monter dans ses voitures qui les conduisirent aux Tuileries. Bonaparte était dans son grand cabinet avec le général Leclerc, son beau-frère : il les attendait. L'aide-de-camp de service les annonça et les introduisit dans ce cabinet. Le ministre les présenta à Bonaparte qui les reçut avec beaucoup de distinetion. Il demanda à M. Coasnon lequel de ses deux élèves était le fils de Toussaint-Louverture. C’est celui, répondit M. Coasnon , qui se nomme Isaac : l'autre est un fils du premier lit de madame Toussaint-Louverture. « Votre père, » dit Bonaparte, en s'adressant à Isaac - Louverture, « est un grand « homme, il a rendu des services éminens à la
« France. Vous lui direz que moi, premier mapgis-
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