CASSER
nent des plaines plus ou moins étendues, et d’une incomparable fécondité. De leur flanc coule une multitude de rivières, que les pluies transforment en torrens, et dont quelquesunes, par leur cours majestueux , ressemblént à des fleuves. On y marche sur des volcans,
dont les fourneaux s'étendent au-dessous de
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la mer; ils produisent des tremblemens de
terre, accompagnés de mugissemens sonter-
rains. À des époques funestes, mais impré-
vues, ils entrouvent parfois des abimes où
vont s’engloutir des villes et des habitations.
Des baies charmantes, de petites îles, des
ports commodes y servent d'ornement à d’im-
menses rivages. Partout la nature y déploie le
luxe et la magnificence qui la caractérisent sous le ciel des tropiques. L’air brûlant et parfumé y nourrit des passions dévorantes.
Avec les divers aspects du climat, on voit changer les vents de terre et de mer; et selon leur nature ils énervent ou raniment les forces
de l'âme et du corps. Souvent leur direction
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LIVRE PREMIER. 5 porte au nord la tempête, et le calme au midi ; et par suite de leur changement, ici la terre est brülée, là, submergée. Quand leur circulation est génée dans les plaines, on y est étouffé sous les feux de la zone torride, tandis qu'on respire sur les montagnes, un air qui rend à l’homme son bien-être et son activité. La nature s’est fait un jeu de confondre les saisons à Saint-Domingue. Les orages et les tempêtes règnent en même temps que la chaleur. De là ces brusques vicissitudes de sécheresse et d'humidité, favorables aux fruits naissans à côté des fleurs, mais fatales aux Européens qui arrivent pour la premiere fois dans ce beau climat. Le sang y fermente avec tant de violence, que souvent leur arrivée est marquée par leur cercueil.
Lorsque le génie de Christophe Colomb découvrit un autre monde, aux regards d’un monde étonné, Saint-Domingue était occupé par trois millions d'habitans, composés de nations simples et naives comme des enfans;
elles étaient gouvernées par des chefs désignés
sous le nom de Caciques; elles n'avaient pas d’autres lois que celles de la nature, d’autres habitations que des cabanes de bois; elles étaient nues, sans art, sans besoins, ne connaissant ni la richesse, ni la pauvreté; vivant sans langue écrite, sans livres, sans contrat, sans testament , sans tribunaux , sans affaires, sans ministres ni politique, et d’autres misères dont s’enorgueillissent les nations civilisés. L'or ne leur servait que de Joujoux ; elles n'avaient pour toute défense que des massues de bois durcies au feu , et des flèches aiguisées avec des arêtes de poissons. Le courage en honneur chez elles, suppléait à la faiblesse de leurs armes; c'était le pays de la bonté, de la candeur et de l'hospitalité; et leurs dieux représentés sous des images grossières, étaient bons et simples comme eux :
peuples et dieux, tout se trouvait enfant.
Des Espagnols qui se disaient chrétiens, donnèrent alors au monde un spectacle effroyable. Leur avarice immola ces nations de la manière
la plus barbare; ils écrasèrent l'innocence sup-
LIVRE PREMIER! q pliante et désarmée. Rien ne futsacré pour eux, la trahison, la ruse , l'hospitalité violée étaient les moindres de leurs crimes. Avec les armes meurtrières de l'Europe, leurs combats n'étaient que des assassinats. Mais ce qu'il y avait d’horrible, était l'usage qu'ils faisaient de la victoire. Ils attiraient dans des pièges les chefs de ces peuples, pour les faire expirer dans de cruels supplices. La profondeur des forêts ne fut plus pour ces malheureux qu'une vaine retraite, lorsque les Espagnols instruisirent des chiens à les y poursuivre pour les déchirer en lambeaux. Le reste de cet immense carnage fut enseveli et périt dans les mines. Une race entière d'hommes disparut ainsi de la terre.
Ceux qui desireront connaître avec détail ces cruautés , en trouveront dans Las -Casas l’épouvantable histoire.
Le ciel ne permit pas à ces Espagnols de jouir en paix d’un pays qu'ils venaient de changer en désert. Il y avait alors dans les Antilles des avénturiers sans asile, sans famille, sans
patrie, rebut des nations et des mers. Rien
n'était plus farouche que leurs mœurs ; ils ne vivaient que de piraterie, de chasse, ou de pêche, trempanttour-à-tour leurs mains dansle sang de l’homme, ou dans celui des animaux.
Pour tout vêtement, ils portaient une chemise sanglante; et sur de fragiles barques, ils allaient braver les tempêtes et attaquer les vaisseaux. Chaque jour la mer était ensanglantée par leurs exploits. Des chefs d’une rare audace les portaient sans cesse à des entreprises périlleuses, qui les gorgeaient de pillage , et les entretenaient dans. un exercice continuel de férocité. Le récit de leurs aventures charmait leurs festins, et leur fournissait le sujet de drames informes, où leurs cris se mêlaient au bruit des flots, comme dans un carnage véritable.
Ces brigands n'étaient pourtant ni sans culte, ni sans foi; leurs mains élevaient des autels, qu'ils paraient de leur brigandage. Ces cœurs altiers et farouches s’humiliaient devant le Dieu de l'univers ; se croyant moins coupables que
de grands conquérans qui versent le sang par
LIVRE PREMIER, 9 ambition, ils ne le versaient que pour vivre. D'ailleurs ils considéraient le vaste Océan comme le tribut de la valeur. Le séjour des orages et des tempêtes était tout ce qu'ils possédaient , sans envier aux autres peuples les délices des contrées riches et fertiles. Ils étaient les plus misérables et les plus dignes de la protection du ciel. Par ce raisonnement ils mélaient le sang à la prière.
Une troupe de ces aventuriers s'étant établie à la Tortue, petite ile charmante couverte de bois et de pâturage, fut un voisinage dangereux pour les Espagnols de Saint-Domingue, qui leur déclarèrent la guerre, d'autant mieux qu'ils ne cessaient de faire des incursions sur leurs terres, enlevant les récoltes et les troupeaux. Mais on ne pouvait vaincre de tels hommes. Redoutables sur mer, ils le furent sur terre, et dans divers combats ils montrèrent la même opiniâtreté, la même valeur, le même besoin de vaincre; et les Espagnols ayant été repoussés vers l’orient de Saint-Domingue, Poc-
cident devint leur conquête. Ils mirent des li-
mites à leur brigandage, et arrosèrent de sueur une terre qu'ils avaient arrosée de leur sang ; mais semblables aux premiers Romains, ils manquaient de femmes , sans pouvoir comme eux s’en procurer chez leurs voisins, ni par la guerre ni par des enlèvemens. Comme la plupart étaient Français d’origine, on leur envoya, des côtes de France, des filles adonnées à la prostitution ; ils les reçurent avec joie pour épouses en montrant leurs armes qui les vengeraient d’une première injure. Soit crainte ; soit amour, des prostituées eurent des vertus d'épouse et de mère.
Alors l’Europe désolée par des querelles de religion, se remplissait de récits merveilleux sur le Nouveau-Monde.La majesté de ses forêts, la largeur de ses fleuves, des mines d’or d’une richesse prodigieuse, une nature ‘dans toute la vigueur de l'adolescence, toutétait bien fait pour l’'étonnement. On alla demander à cette nouvelle terre des richesses, et ce qui leur est préférable, la liberté ; la population de Saint-Do-
mingue s’accrut; et ses habitans unis par des
LIVRE PREMIER. 11 mariages aVeC la France , reçurent la protection de son gouvernement. Ainsi une poignée de
brigands fonda l’une des plus opulentes colonies
du monde.
Tout prit un accroissement prodigieux.
Les torrens furent enchaïnés, les marais desséchés, les forêts abattues. À dix - huit cents lieues de leurs pays natal, des animaux vécurent, se multiplièrent et rendirent les mémes services; mais quelques-uns s'échappant de la main de l’homme, rentrant dans l’état de nature, récupérérent la vigueur deleur premier caractere. Le taureau errant dans les forêts reprit sa démarche fière, l’œilétincelant, son poil hérissé, ses cornes menaçantes. La chèvre et le porc désertèrent les bergeries, préférant une vie vagabonde mais libre; tant la liberté a de douceur pour tout ce qui respire dans Îa nature. Le sol s'enrichit de plantes étrangeres. Le sucre mürit dans la plaine, et le café sur les collines. On ouvrit des routes à travers l'aspérité des monts; on marchait en sûreté sus-
pendu sur des abimes; on jeta des ponts sur
des rivières qu’on passait avec péril sur des peaux de bœuf; on étudia les vents, les courans et les écueils, pour offrir aux vaisseaux une navigation sûre et des ports commodes.
Des villes ornées d’une simple architecture s’élevèrent magiquement au bord de la mer, tandis que de magnifiques habitations couvrirent la campagne. Des places publiques, des hopitaux, des aqueducs, des fontaines, des bains rendirent la vie agréable. et saine ; on transporta pour ainsi dire, l’ancien monde dans le nouveau ; et la mer se couvrit de vaisseaux chargés des richesses d’un sol si fertile.
Tant de prospérités qui faisaient l’orgueil de la France ne devaient pas durer, parce qu’elles prenaient leur source dans un esclavage affreux. Trois cents navires employés chaque année à la traite, portaient le carnage, l'incendie et la dévastation sur les rivages Africains. Quatre-vingt mille créatures humaines arrachées à leur patrie, étaient chargées de chaînes, et Jjetées dans le fond de ces navires, séjour de désola-
tüon et de désespoir. Ces malheureux qui
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LIVRE PREMIER. 13 avaient des déserts pour espace , n'y occupaient pas la place d’un cercueil. Durant la tempête, pour ne pas laisser noyer ces navires , on fermait les ouvertures*par où passait dans ces cachots flottans un peu d'air et de lumière ; ils éprouvaient alors des tourmens non encore décrits; la vie manquait d’air; et plongés dans le vertige, les angoisses et lagonie, souvent ils mouraient étouffés. On repoussait de leur sein la mort qu'ils desiraient pour mettre un terme à leurs misères, par des supplices propres à les enchaïner à la vie. Pour calmer leurs chagrins dévorans, on les forcçait à la danse, on les insultait par la musique. L'innocence et la chasteté de leurs femmes étaient outragées par le vice grossier. Quand ils étaient atteints de maux incurables, on les jetait 'vivans à la mer, comme une marchandise gâtée. Dans les naufrages ils étaient abandonnés. Quinze mille cadavres semés chaque année dans l'Océan, et dont la plupart flottaient sur les rivages des deux mondes, marquaient la route sanglante
et funebre de la traite.
Saint-Domingue ouvrait tous les ans ses marchés à vingt mille esclaves. Un supplice flétrissant les attendait sur le seuil de la servitude. On imprimait avec un fer brülant sur la poitrine de l’esclave, la première lettre du nom du maitre , et de celui de l'habitation, autant pour le reconnaître s’il venait à prendre la fuite, que pour désigner que son cœur ne devait plus battre que pour la servitude. On n’épargnait point ce supplice au sein des femmes; ornement le plus délicat et le plus beau de leur sexe. Tout était nouveau pour eux ciel, langage , travail, maniere de vivre, visage et mœurs de leurs maîtres. En arrivant sur l'habitation , où désormais ils devaient souffrir et mourir , ils prenaient place parmi des compagnons d’infortunes, qui ne leur parlaient que de leurs peines, et qui montraient sur leurs corps des marques de supplice. Peu d’entre eux avaient vieilli dans la servitude: il se faisait une telle révolution dans ces cœurs altiers et sauvages, qu'il n’était pas rare de les
voir périr de chagrin , et que durant les deux
LIVRE PREMIER. 15 premières années les femmes restaient frappées de stérilité.
Leurs maîtres ne manquèrent pas d'abord d'humanité ; mais ils étaient bien dégénérés des vertus de leurs aieux dont les bras ne dédaignaient pas de cultiver les champs,après qu'ils eurent mis un terme au brigandage qu'ils exercaient sur mer et sur terre. Dans ces premiers temps ils logeaient dans des maisons de bois, leurs mœurs étaient simples et chastes, ils partageaient le travail de leurs esclaves dont ils adoucissaient l’infortune. Ils vivaient dans une honorable frugalité ; mais des qu'ils eurent acquis de grandes richesses, et qu’ils se virent entourés de nombreux esclaves , la prospérité les. corrompit; ils s’adonnèrent aux vices les plus honteux; ils vécurent dans l’oisiveté, le luxe et la mollesse ; ils passaient leur vie à table, dans le bain, et couchés sous les ombrages de leurs bosquets. À la place de maisons de bois, 1ls bâtirent de magnifiques habitations, où comme des princes absolus, ils régnaient
sur des milliers d'esclaves. Pour satisfaire leur
cupidité, et leurs plaisirs, ils accablèrent leurs esclaves de longues veilles et de travaux excessifs , les laissant souvent manquer d’alimens nécessaires à l'existence.
Des Africaines trouvèrent lemoyen d’adoucir leur esclavage, dans les passions qu’elles inspiraient à leurs maitres; elles se rendirent habiles dans les arts de la volupté; elles avaient naturellement des grâces naïves et touchantes, elles y mélèrent les caresses, les tendres refus, les dédains et des regards chargés d’une lascive langueur. Elles employerent le désespoir et le pouvoir des larmes, sans négliger ni la parure, ni la danse , ni les bains parfumés. Elles couvraient ainsi leur chaîne de quelques fleurs; mais ne pouvant obtenir que le rang de courtisanes, jamais on ne les conduisait à l’autel de l’hymen. Trop souvent d’orgueilleuses et Jjalouses maitresses leur imposaient par vengeance des supplices remplis d’indécence et d’ignominie. L'amour qui franchit tout, ne pouvait franchir les barrières de cette servi-
tude.
Du mélange du sang blanc et noir, naquit une nouvelle espèce d'hommes désignés sous le nom de gens de couleur ; c’étaient des affranchis qui se trouvaient entre la servitude et la liberté. Leurs pères étouffant à moitié le cri de la nature, les laissaient dans cette servitude mitoyenne, qui n’en était pas moins pleine d'opprobre. L’affranchi ne pouvait remplir aucun emploi honorable; il était obligé de descendre de cheval à la porte des villes; il ne pouvait s'asseoir à la table de l’homme libre , fréquenter la même école, occuper la même place à l’église, porter les mêmes noms, être inhumé dans le même lieu, recevoir sa succession. Ainsi des fils ne pouvaient être à table, à l'église avec leur père, avoir ni le même nom, ni le même tombeau, ni recueillir leur héritage : renversement inoui de toutes les affections de la nature.
Ce n’était de toutes parts sur cette terre de servitude , que maîtres vivant dans la mollesse, les plaisirs et la luxure; femmes faisant l’apprentissage des arts de la séduction , enfans
abandonnés de leur père, ou devenant leurs plus cruels ennemis; esclaves épuisés de chagrins, de fatigues et déchirés par les supplices. Le suicide, les avortemens , les empoisonnemens , les révoltes, l'incendie, tous les désordres , les vices et les crimes qu’enfante l'esclavage devenaient de plus en plus fréquens. On voyaitjusqu'à trente esclaves se donner lamort, le même jour, à la même heure, finir ensemble leur misère , et dans les traits de la mort laisser ensemble éclater la joie d’avoir brisé le joug de l'esclavage. Cependant trente-cinq mille blancs , hommes libres, vivaient au milieu de trente mille affranchis et de plus de cinq cent mille esclaves. Ainsi le nombre, l'avantage et le force étaient du côté de la servitude.
Ce fut en cet état de choses, que la révolution de France mit tout Saint-Domingue à feu et à sang. Dans la classe des blancs, les riches S’offensant de se voir les égaux des pauvres demandèrent des titres de noblesse, au moment où l’on allait les brüler. Leurs querelles
furent opiniâtres, vives et sanglantes, sans se
douter que le mot de liberté allait allumer un volcan sous leurs pas. A leur tour les affranchis voulurent être les égaux des uns et des autres. Ces dissensions réveillèrent les esclaves du sommeil de la servitude ; jamais réveil ne fut ni plus sanglant, ni plus terrible. Ils avaient à venger trois siècles de servitude. A la lueur detorchesincendiaires, ils égorgèrentou mirent en fuite leurs maitres. La plupart des villes, les villages, ces habitations bâties à grands frais, les riches moissons qu'ils avaient fait croître, tout fut immolé; et la résistance qu’on leur Opposa,
ne fit qu'accroitre la flamme, le carnage et la ré-
volte. Alors la mère-patrie en praie à ses propres dissensions, jetant à peine des regards sur une si grande calamité, n’y apporta que des remèdes tardifs, inutiles ou dangereux. L’Angleterre fut alors victime deson inimitié envers la France; elle voulut semparer de Saint-Domingue , elle y perdit une armée. Les noirs repoussèrent une domination étrangère qui les aurait remis en servitude; mais à peine furent-ils livrés à eux-mêmes , que des divi-
eo
= RE par
sions éclatèrent entre eux ; les gens de sang
mélé et les noirs se firent une guerre cruelle. Du sein de l'esclavage sortit un homme ex-
traordinaire : Toussaint - Louverture parut au
milieu de ces guerres étrangères et civiles. Il
recut le surnom de Louverture, de la victoire qui lui ouvrait partout un passage. Il était petit-fils d’un roi d'Afrique, mais il naquit esclave. Sa première occupation fut de conduire et soigner les chevaux. Il apprit à lire, avec un peu de latin et de géométrie, d’un noir qui avait eu pour maitre un moine. Cette éducation informe et grossière éclaira son génie ; sa conception était rapide ; en quelques paroles
il peignait, voilait ou surprenait la pensée; il
avait une activité prodigieuse ; il volait dans
l’espace, et sa présence remédiait à tout ; il n'était rien que Toussaint ne fût capable d’entreprendre pour conserver la liberté des siens; il pénétrait avec une rare perspicacité les pièges les mieux inventés pour les perdre. Aucun revers n’abattait son âme , se montrant plus
grand dans l’adversité que dans la prospérité.
LIVRE PREMIER. 21 IL immolait tout à la liberté ses ennemis, ses enfans, ses richesses, les villes qu'il avait rebâties, tant il l’aimait avec passion. Il remplissait la guerre d’incendies , de ruses et d'embuscades, nelaissant à son ennemi quedes cendres, la faim, la soif, la maladie et la mort.
Le génie de Toussaint était non moins propre à la guerre qu’à la paix. Après avoir défait une armée anglaise, vaincu dans de sanglans combats les gens de sang mêlé, étouffé partout le feu de la discorde civile, il jeta les fondemens d’un nouvel état, avec la prévoyance d’un esprit capable de juger de ce qui doit périr ou rester. Alors Saint-Domingue renaquit de ses cendres ; le règne des lois et de la justice s'établit; des esclaves devinrent des citoyens; les finances prospérèrent par une sage économie ,et par un système régulier d'impôt; la religion releva ses autels brülés ; des soldats accoutumés à la licence des camps rentrérent dans la discipline; on rebâtit les villes incendiées, et en place de ruines, on vit de nou-
veaux édifices.
D er em germe