‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 100 sur 457 · OL. cxiv, 4] eumène thahi · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 4] eumène thahi

et Antigone se hâta d'en tirer proiit à son avantage. Il y avait dans Tarmée d'Eumëne un commandant de cavalerie du nom d*Apollonide*. Antigone noua des intelligences secrètes avec lui et Tacheta à très haut prix. ApoUonide promit, lorsque les deux armées en viendraient aux mains, de passer avec ses troupes du côté d'Antigone.

Eumène se trouvait dans le pays des Orcyniens'. Il avait choisi pour champ de bataille cette contrée favorable pour sa cavalerie. D avait 20,000 hommes d'infanterie et 3,000 cavaliers. Antigone, par contre, n'avait avec lui que 10,000 fantassins, dont la moitié étaient Macédoniens, 2,000 cavaliers et 30 éléphants\ Confiant dans les promesses d'Apollonide, il engagea le combat. Des deux côtés on se battit avec acharnement; puis, au moment décisif, ApoUonide passa du côté d*Antigone avec ses cavaliers. Le sort de la journée était dé-

>) Tôv ticicéù>v àçrjYovjievov (DiODOR., XVIIT, 40, 5) et plus loin (§ 8) : \uxol Tôv nept «vcbv linc£cov. Il n'est pas prcfbable qu'il ait commandé à fa fois les 5,000 cavaliers d'Ëumène.

*) êv 'Opxyvfoi; triç KannaSoxia; (Plut., Eumen.9). — t^i; KatTCiiaîoxia; ^v Ttatv evOlToi; ne&'oi; icpbc iTctcoyiax^^^ (DiODOR., XVJIl, 40). Je n'ai pas réussi à découvrir d'autre renseignement que cet ev *Opxy v{oi;. Peut-être est-ce la région que Strabon (XH, p. 567, 568, 576) place à gauche de la Grande- Pbrygie, entre Pessinonte et la Lycaonie, au sud de ce qui fut plus tard le pays des Tectosages, et qu'il appelle xk mpl 'Opxaoptxoù; (Cf. Leare, Asia minor, p. 88). Il y a trop loin de là, ce semble, à cette Orcestos dont PococKB et Hamilton ont lu le nom sur des inscriptions dans les ruines voisines d'ÂIekian (sur la route de Kara-Hissar ou Métropolis à Ancyre), inscription que Mordtmann n'a plus retrouvée en 1859 (cf. C. I. Gr.ec, m, n» 3822 b«, p. 1051. G. I. Ut., IH, 1, n» 352). On pourrait plutôt songer à ÏOroanticus tractm (Plin., V, 32. Cf. Mannert, VI, 2, p. 180), situé sur la route de Célsenae à Mazaca par la Lycaonie» pays qui a été décrit par Artémidore (Strad., XIV, p. 663), et en partie par Arundell, à la fin de la première partie de son beau livre. Cependant, cette dernière hypothèse n'est guère plausible, à cause du caractère absolument montagneux de la région. Les trois contrées précitées se trouvent à la frontière occidentale de l'ancienne Cappadoce, de sorte que, si plus tard, comme c'était à prévoir, Eumène était obligé de se retirer du côté de l'Orient, il pouvait s'échapper par Nora.

3) I! y a là bien moins de troupes qu'Antipater n'en avait laissé au stratège ; il y manque au moins 500 Âiacédoniens, et peut-être la majeure partie de la cavalerie. Il semble que ceux-ci aient été dans l'intervalle détachés ailleurs. Aucun auteur ancien ne nous apprend ce qu'on a fait durant cette année 320 contre Aicétas et Attale : Polyœnos (IV, 6, 6) parle seulement de 3,000 hommes en Lycaonie, qui se révoltèrent plus tard en hiver.

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cidé : 8,000 hommes de l'armée d'Eumène restèrent sur le champ de bataille ; tous les bagages tombèrent aux mains du vainqueur. Eumène se retira en aussi bon ordre que possible. Un hasard favorable lui livra le traître, qu'il fit pendre incontinent. De savantes marches et d'habiles détours rendirent à Tennemi la poursuite impossible. Eumène revint alors sur ses pas, campa sur le champ de bataille, fit élever des bûchers avec les portes et les poutres des maisons des environs et brûla ses morts; puis il continua sa marche. Lorsqu'Antigone revint de sa poursuite, après avoir perdu les traces de l'ennemi vaincu, il ne put assez s'étonner de la hardiesse et de Tintelligente conduite d'Eumène*.

L'intention d'Eumène était de se replier sur TArménie pour essayer de s'y faire des alliés. En effet, non seulement son armée était singulièrement réduite, mais il craignait encore davantage que la défaite essuyée et la perte de tous les bagages n'eussent découragé ses troupes. Il redoubla de prudence dans ses combinaisons et ses mouvements ultérieurs. N'étant plus en état de tenir tête à l'ennemi, il ne pouvait plus que l'inquiéter par d'hem*eux coups de main et couvrir sa propre retraite. C'est ainsi que, plusieurs jours après la bataille, il surprit les bagages d'Antigone ; le long train des équipages, commandé par Ménandre, s'était arrêté dans la plaine où Eumène allait justement s'engager. C'eût été une occasion non seulement de reconquérir les bagages de ses gens, perdus dans la dernière bataille, mais de faire en outre une capture exceptionnelle de femmes, de valets, d'argent et autres objets utiles ou précieux. Mais il craignit que ses soldats, chargés de butin, ne fussent plus assez lestes pour les rapides mouvements de la retraite ; qu'une nouvelle et riche proie ne les rendît soucieux de la conserver et impropres aux fatigues et aux coups de main à venir. Pourtant, il n'osa pas leur refuser tout net ce riche butin qu'ils n'avaient qu'à prendre. Il leur ordonna de se livrer d'abord au repos et de faire manger

*) Plut., Eumen. 10. Diodoh., XVIII, 40. Hune persequens Antigontis, cum omni génère copiafnim abundaret, swpe in itineribus vexabaiur, neque unqimm ad manum accedcre llcebat, nisi his bjcis^ quibus pauci posscnl muUis rcsiukrc (Corx. Nei»., Eiunen.b).

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