‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 105 sur 457 · oL. cxv, 1] laomêdon dk strie ^'^S · texte numérisé non relu

oL. cxv, 1] laomêdon dk strie ^'^S

celui où ils devaient se rencontrer tout d'abord. Il ne fallait pas songer pour le moment à conquérir les villes cypriotes, qui entretenaient une flotte importante : c'est par la Syrie que devait commencer le développement de sa puissance.

A la vérité, s'il s'emparait de la Syrie de gré ou de force, l'organisation de l'empire, la répartition territoriale des pouvoirs et dignités était modifiée d'une façon très sensible : le satrape d'Egypte occupait alors les positions d'attaque contre les pays de l'Euphrate etFOrient, contre leTaurus et l'Occident. Tandis que la puissance impériale transférée en Macédoine et enchaînée là-bas par les troubles récents ne possédait pas les moyens de s'opposer à des changements aussi subversifs, par le fait même que la Syrie passait en d'autres mains, les voisins immédiats et les plus directement intéressés après eux, c'est-à-dire les satrapes de Cilicie, de Phrygie, de Carie, de Mésopotamie, de Babylonie, de Susiane, se trouvaient séparés les uns des autres comme par un coin enfoncé dans le groupe, et Ptolémée se glissait au milieu d'eux, plus puissant que les uns et les autres. S'il réussissait, suivant son désir, à obtenir cette possession importante par un arrangement à l'amiable, il ne pouvait y avoir d'opposition sérieuse nulle part, à plus forte raison, chez l'homme qui avait recula stratégie en Asie avec l'armée impériale pour soumettre les restes du parti dePerdiccas, encore assez groupés et menaçants en Asie- Mineure. Le satrape de Syrie lui-même pouvait passer pour un adhérent de ce parti.

C'était Laomêdon l'Amphipolitain, natif de Mytilène, qui avait reçu cette satrapie de Perdiccas. S'U n'avait pas joué de rtle dans la grande lutte entre Perdiccas et Ptolémée, c'est qu'il n'avait pas eu assez de forces ou assez d'ambition pour risquer gros jeu ; on l'avait maintenu dans sa satrapie lors du partage de Triparadisos. Ptolémée lui fit entendre qu'il allait occuper son gouvernement, mais qu'il était disposé à lui allouer une indemnité pécuniaire. Laomêdon repoussa cette proposition. Alors une armée, sous les ordres de Nicanor, un des « amis » de Ptolémée, envahit la Palestine. Jérusalem fut prise pendant le repos du sabbat. Les Égyptiens s'avancèrent sans trouver de résistance ; ils finirent par rencontrer Laomé-

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don, qiii fut fait prisonnier cl envoyé en Egypte. Dos postes 6g3rptiens furent alors mis dans les places fortes du pays ; des navires égyptiens s'emparèrent des villes maritimes de la Phénicie. Un grand nombre de Juifs furent transportés à Alexandrie, où on leur donna droit de cité. Sans qu'il y eût aucune modification dans l'administration locale et la constitution de la Syrie, la province passa sous l'autorité du satrape d'Egypte. Laomédon trouva l'occasion de s'échapper d'Egypte et s'enfuit en Carie chez Alcétas, qui, juste à ce moment, se jetait dans les montagnes de la Pisidic pour engager de là une lutte décisive contre Antigone*.

Celui-ci était encore dans ses quartiers d'hiver en Cappadoce' quand il fut informé des mouvements d'Alcétas etd'Altale' ; ces nouvelles le décidèrent à partir au plus vite. Il se dirigea à marches forcées vers le sud-ouest, par la route qui va d'Iconion enPisîdie. En sept jours et sept nuits de marche, il avait fait environ soixante milles et atteint les défilés de la ville de Crétopolis sur la rivière de Cataracte*.

^) DiODOR., XVIIl, 43. Appian., Syr. 52. Joseph., Ant, Jud, XII, 1. In Apion, I, 22. Diodore parle de cette occupation immédiatement avant le début de l'archonlat d'Apollodoros (01. CXV, 2), qui pour lui correspond à l'an 319; par conséquent, elle tombe, suivant lui, sous l'archontat de Néœchmos (01. CXV, 1), qui ne figure pas dans son texte tel que nous l'avons aujourd'hui.

') C'est à ce moment (êxetVaCsv. 320/319) que se produit en Lycaonie la défection des 3,000 Macédoniens, qui furent ramenés à l'obéissance par une ruse habile et reconduits dans leur pays par Léonidas (Poly^n., IV, 6, 6).

') Diodore (XVIII, 41) est seul à parler de ces mouvements : Antigone, selon lui, est parti in\ toÙç icopsuo{jivou; rjYeii6va;, et il les trouva avec des forces considérables à Crétopolis, ville par laquelle passe la grande roule allant de la côte de Pamphylie en Phrygie. On était au commencement do l'hiver 320/319. Probablement les chefs, comptant sur réloignemént d'Anligone, avaient médité une incursion en Phrygie.

*) Mannert (VI, 2, p. 153) identifie, probablement avec raison, la ville de Crétopolis avec celle qui s'appela plus tard Sozopolis, d'où est venu le nom actuel, Sousou. L'endroit décrit ci-dessus, ainsi que les renseignements donnés par Polybe (V, 72, 5), s'accordent on ne peut mieux avec le paysage dépeint par Arundell (II, p. 59). La ville est à 5 heures 1/2 au sud de Sagalassos, à 18 heures au nord d'Adalia (Arundell, p. 85) : à 2 heures du côté de l'est se trouve dans les montagnes le remarquable fort de Cremna (Girmeh), d'où, suivant toute vraisemblance, Antigone marcha à l'ennemi. Diodore évalue à 2,500 stades la distance de Crétopolis à Nora ; son calcul s'accorde avec notre hypothèse, à savoir que Nora se trouvait sur la roule

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