‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 106 sur 457 · OL. cxv, IJ antii;one contre alcétas · texte numérisé non relu

OL. cxv, IJ antii;one contre alcétas

Les ennemis élaienl bien loin de supposer qu'il arriverait si vite. 11 réussit à occuper les hauteurs et les positions d'un accès diflicile, et ii lancer Favant-gai'de de sa nombreuse cavalerie sur les deniiers contreforts de la vallée avant que les Perdiccaniens s'aperçussent de sa présence. C^est alors seulement que ceux-ci, campés dans la vallée aux alentours de Crétopolis, comprirent la gravité du danger. Aussitôt Alcétas fit avancer son infanterie en ordre de bataille, et lui-même, à la tète de sa cavalerie, s'élança sur le mamelon le plus voisin pour en déloger les escadrons qui Toccupaient déjà. Un combat violent de cavalerie s'engagea ; des deux côtés, la lutte fut opiniâtre et le? pertes sensibles : Antigène appela aussitôt la réserve de sa cavalerie, forte de 6,000 chevaux, et se jeta avec elle dans la vallée qui séparait les phalanges ennemies du champ de bataille, pour couper Alcétas et ses cavaliers. La manœuvre réussit. En même temps, Tavant-garde attaquée par Alcétas, favorisée par le terrain et renforcée de quelques escadrons, repoussait de plus en plus vigoureusement les cavaliers ennemis. Coupés de leurs phalanges, cernés des deux côtés par Antigone, lès cavaliers d'Alcétas se voyaient perdus : c'est à grand peine, et en essuyant de grandes pertes, qu' Alcétas réussit à se faire jour avec un petit nombre des siens jusqu'à ses phalanges.

Pendant ce temps, le reste de Tarmée d' Antigone avec les éléphants avait franchi les montagnes et s'avançait en bataille contre les Perdiccaniens, qui ne comptaient plus que 16,000 hommes d'infanterie et quelques centaines de cavaliers. En face d'eux se déployait une ligne de 40,000 fantassins, 7,000 cavaliers et 30 éléphants de guerre. Déjà on avait poussé les éléphants en avant pour ouvrir le combat : la cavalerie ennemie débordait leurs deux ailes, et des hauteurs boisées descendaient dans la vallée les lourdes phalanges des Macédo-

de Mazaca, et non loin de cette ville. Arundell (II, p. 101) veut que Bourdour, bâtie dans la montagne à l'entrée des défilés qui débouchent de Phrygie, soit Crétopolis ; mais sa conjecture n'est pas d'accord avec Polybe, lequel dit, en parlant de cette région, que les Selgiens avaient occupé les défilés, et que, pour cette raison, Garsyéris était arrivé à Crétopolis en traversant la cunlrée de Milyad<\

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niens. L'ennemi avait exécuté si rapidement ses manœuvres, qu'il ne restait plus le temps de se ranger d'une façon quelconque pour livrer bataille et de couvrir les flancs. La journée était perdue avant même que le combat n'eût commencé. Au premier choc, les phalanges d'Alcétas furent ébranlées: envain Attale, Polémon, Docimos, s'efforcèrent de soutenir la lutte ; bientôt ce fut une déroute générale. Eux-mêmes furenl faits prisonniers avec un grand nombre de capitaines. On ne tua pas beaucoup de monde : la plupart des Macédoniens de l'armée vaincue jetèrent bas les armes et se rendirent à Antigone, qui leur fit grâce, les répartit dans ses phalanges et s'efforça de les attacher du mieux qu'il put par sa bonté et sa clémence *.

Alcétas s'enfuit dans la direction du sud avec ses propres hypaspistes, les pages* et les fidèles Pisidiens qui avaient fait partie de son armée. Il se jeta dans la ville de Termessos qui, située à quatre journées de marche environ du côté du sud^ au delà des montagnes, commande les défilés allant de la vallée de la Cataracte dans la région alpestre de Myliade*. Il avait avec lui environ 6,000 Pisidiens, d'une bravoure et d'un dévouement éprouvés, qui lui renouvelèrent solennellement la promesse de ne jamais Tabandonner et le prièrent de ne pas se décourager. Pendant ce temps, Antigone s'était avancé

*) PoLY^N., IV, 6, 7. DiODOR., XVIII, 44, 45.

') Diodore dit : i«toc tûv îSiwv Oicaomercôv %a\ xôv icatôûv, ce qui ne peut désigner ni ses enfants, ni ses esclaves, comme le pense Wesseuxg.

3) Termessos ou Termissos, ei«xet|iévr| toîc ffTevoî; 6i' wv vitépêaffi; êortv et; TYlv MiXvot$a (Strab., XIV, p. 666). Tepin^affsi; ol |uîtovec sur les monnaies et dans Etienne de Byzance. Le général Kôhler est parvenu à ces défilés le deuxième jour après son départ d'Idalia (Leake, p. 135). Corancez, [dans son Uinéi*aire d'une partie peu connue de l'Asie-Mineure (p. 394), publié sans nom d'auteur, décrit très exactement le pays ; derrière les ruines d'Isindos (à quatre heures au N.-E. d'Adalia), il traversa un bois, puis arriva bientôt dans un défilé encaissé entre d'énormes rochers calcaires ; le col lui-même monte en pente raide à partir de la plaine ; on y trouve encore quantité de ruines, et, à l'endroit le plus resserré du chemin, une muraille assez considérable est menée en travers. A une demi-lieue au delà du défilé, on voit des débris d'anciennes constructions, des tours, des murs, etc. 11 faut ajouter aujourd'hui à ces renseignements ceux de Schonborn, de FoRBEs, etc., et surtout les détails instructifs que donne G. Hirschfeld (Monatsber. der Bei± Akad. i874, p. 716).

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