ÉTAT DE LA GHÈCE |I
jeter sans sépulture. Quelques l^isidiens conipatissauls Tenlerrèreut aussi honorablemcut qu'ils purent*.
Antigonc s'en retourna par la route qu il avait prise en venant, pour regagner laPhrygie. La défaite d'Alcétas, Tanéautissemcnt complet du parti perdiccanien, le rôle de seigneur et maître qu'il avait pris en Asie-Mineure, le décidèrent sans doute à réaliser les plans qu'il méditait depuis si longtemps en silence. Il disposait d'une armée de 60,000 fantassins, 10,000 cavaliers et 70 éléphants de guerre : avec ces forces, il pouvait se croire à la hauteur de n'importe quel adversaire. Ce qu'il avait à faire maintenant, c'était ou de s'emparer du gouvernement général, ou de l'attaquer, lui et la royauté sur laquelle il s'appuyait, et de mettre son existence même en question. Dans les deux cas, Antipater, à qui il devait son relèvement et sa puissance actuelle, devenait son premier ennemi. Un heureux hasard débarrassa le stratège de difficultés qui, bien qu'il fût assez égoïste pour ne pas se laisser arrêter par des scrupules de conscience et par le sentimentde lareconnaissance, n'auraient pu tout au moins être écartées qu'avec une grande perte de temps. Au moment où, retournant en Phiygie, il arrivait à Crétopolis , le Milésien Aristodémos vint lui apporter des nouvelles d'Europe qui annonçaient un changement complet dans la situation.
Antipater était retourné en Europe depuis un an environ. Il avait trouvé les Étoliens vaincus, la Thessalie rentrée dans l'obéissance. Nulle part, ni dans l'Hellade ni dans le Péloponnèse, l'ordre n'avait été troublé, malgré les succès des Étoliens au début. Les garnisons macédoniennes mises dans les villes, et les oligarchies qui avaient été instituées ou maintenues sous différents noms et différentes formes dans les villes importantes, défendirent le peuple contre les entraînements do cet enthousiasme dangereux pour la démocratie, l'autonomie et la « liberté », qui n'était plus guère qu'un vain mot, un feu follet. Les Etats de la Grèce, avec leurs dimensions exiguës, leurs intérêts mesquins et leurs petites jalousies, s'effaçaient chaque jour davantage au milieu de ces grands mouvements
') DiuDou., XVllI, 47.