‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 11 sur 457 · OL. cxiv, 1] nouveaux dissentimkiNts · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 1] nouveaux dissentimkiNts

rênes du pouvoir, ces premiers actes montrèrent toute l'énergie et la décision qu'exigeaient son rôle officiel et les circonstances. L'exemple de Méléagre apprendrait aux chefs d'armée comment Perdiccas comptait traiter ses adversaires. L'armée, qui à la mort d'Alexandre avait dépassé les limites sinon de ses droits du moins de la subordination', et qui s'apprêtait à devenir le modèle des prétoriens et des janissaires des siècles futurs, était ramenée d'un seul coup à l'obéissance et à la discipline, la seule garantie qui put assurer l'existence de l'empire. Il fallait que la royauté et ses représentants pussent compter sur l'armée, si l'on voulait faire face avec succès à d'autres périls qui n'étaient déjà que trop imminents.

La noblesse militaire macédonienne avait toujours conservé cette morgue et cette confiance souvent présomptueuse en elle-même qui, à la fois condition et résultat de ses incomparables qualités militaires, ne se courbait que devant la supériorité intellectuelle d'un Alexandre, et que le grand roi lui-même avait parfois jugé à propos de ménager. Sans doute, Alexandre savait prendre ses hétaeres : il les dominait par sa supériorité personnelle ; il savait aussi se les attacher par leurs propres faiblesses, qu'il utilisait tout en paraissant les dissimuler, tantôt usant avec eux d'une munificence royale, tantôt les comblant d'honneurs militaires, tantôt se montrant alTable et indulgent pour les fautes commises. Tout cela avait fait de son entourage une milice fière et soumise à la fois, si bien qu'on a peine à reconnaître ce corps d'élite si distingué par ses qualités, son énergie et son dévouement, dans ces chefs violents, avides do pouvoir, pleins d'astuce et de haine, ne connaissant plus les limites de la raison et même du possible, que nous rencontrons au temps des Diadoques. Mais la mort d'Alexandre avait brisé le lien puissant qui les contenait jusque-là; le débat aussitôt engagé sur la succession au trône leur fit sentir pour la première fois qu'ils n'avaient plus de maître, et leur apprit à ne plus compter qu'avec leurs intérêts. La révolte de l'infanterie, appuyée seulement par un petit

*) Quomm libertas soltUior (Justin., XIII, 2,2).

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