NOUVEAUX DISSENTIMENTS [I
nombre d'officiers supérieurs', les avait obligés à faire encore une fois cause commune et à prendre parti pour un homme pris dans leurs rangs; mais, dès l'instant que cette révolte était étouffée, Perdiccas lui-même devenait par le fait Tobjet de leur défiance et de leur jalousie', en détenant seul ce pouvoir sur lequel tous avaient des prétentions ou du moins des espérances. Avait-il une valeur supérieure, plus d'exploits à son compte? était-il digne de les commander tous? La raison décisive était-elle que, issu de la famille des princes d'Orestidc, il avait des rois parmi ses aïeux? Mais Polysperchon aussi et Léonnatos, le garde, du corps', se trouvaient dans le même cas. D'ailleurs, dans les circonstances présentes, la capacité valait mieux que la naissance, et la maison royale devait seule être privilégiée. La raison était-elle que Perdiccas, déjà garde du corps sous Philippe, se trouvait peut-être le plus ancien en grade? Mais c'était maintenant moins que jamais le moment de faire passer le vrai mérite après les hasards de l'ancienneté. Si Alexandre, comme on le crovail et l'affirmait peut-être déjà à ce moment, avait donné en mourant son anneau à Perdiccas, son intention avait été simplement de confier en garde au plus ancien de son entourage l'insigne de la royauté, jusqu'à ce qu'on se fût arrêté à un parti. Quant au récit d'après lequel le roi, comme on lui demandait qui allait se charger de l'empire, aurait répondu « le meilleur ! » et donné en même temps son anneau à Perdiccas, c'était une anecdote insignifiante ou une fable inventée
*) En dehors de Méléagre et de ce problématique Attale, nous n'en connaissons pas un seul : parmi les chefs de phalange que nous savons avoir été en fonctions à cette époque, Alcétas, frère de Perdiccas, Attale (fils d'Andromène), marié avec Alalante, sœur de Perdiccas, Philotas, qui reçut bientôt après la satrapie de Cilicie, n'étaient évidemment pas du parti opposé.
2) yTcottto; ce itavta; f,vxai aOtb; Otçcotttiuev (Arrian., ap. PHOT., I, 5).
^) Gl'Rt., X, 7, 8. Léonnatos peut avoir été d'une branche collatérale de la famille royale, car il est dit originaire de Pella (Arrian., VI, 28, 4). Comme Arrien appelle son père tantôt Antéas (VI, 28, 4. lïl, 5, 5 : Onasos est dans ce dernier passage une fausse leçon), tantôt Anthès (ap. Phot., 69 a 12), tantôt Eunos (Indic, 18), on ne sait quel est le nom exact. Alexandre l'avait nommé garde du corps en 331 (Arw.vn., 111,5,5), et c'est peut^re par erreur que Diodore (XVI, 9i) le cite déjà parmi les gardes du corps de Philippe.