MORT D*ANTIPATER [I
Antipater ne devait pas longtemps survivre à l'orateur; il sentait ses forces décliner. C'est sans doute pour ce motif qu*il rappela son fils Cassandre de l'Asie et le chargea d'une partie des aflaires du gouvernement général*. S'il jetait un coup d œil sur son passé, il pouvait se dire qu'il avait accompli heureusement beaucoup de choses glorieuses, tant qu'il avait eu au-dessus de lui un Philippe ou un Alexandre. Prudent, actif, sur, il s'était montré véritablement à sa place au second rang; ni ses capacités, ni la force de son caractère ne s'élevaient plus haut, et ce mouvement énorme qui avait commencé avec la mort d'Alexandre ne lui donna ni une énergie supérieure ni une impulsion nouvelle. Trop prudent pour étendre jamais la main vers le pouvoir suprême, comme Perdiccas, trop égoïste et trop étroit par le cœur pour se dévouer fidèlement et sans réserve aux intérêts de la maison royale, il n'eut ni le courage de transmettre ne fût-ce que sa dignité et sa puissance comme un héritage à ses descendants, ni la ferme résolution d'y renoncer. Il aurait bien voulu que son fils lui succédât; mais il savait trop bien que les Macédoniens délestaient ce Cassandre dur et violent. Il se conforma donc au vœu public en nommant comme gouverneur général et son successeur en Macédoine le vieux et respectable Polysperchon, qui jadis avait ramené avec Cratère les vétérans d'Opis dans leur pays : quant à son fils Cassandre, il Tassocia, en qualité de chiliarque, au gouverneur général*. A part cela, rien ne fut changé dans l'organisation de l'empire. En mourant, il averlit encore une deniière fois Polysperchon et Casscmdre de ne laisser à aucun prix le pouvoir tomber aux mains des femmes de la maison royale*.
') Il n'est pas possible de savoir quand et comment Cassandre revint d'Asie et quitta le camp d'Antigone : cependant, on le voit par la suite, il dut se séparer en bons termes d'Antigone. Dexippos (ap. Syncell., p. 504 éd. Bonn.) dit : aùv tù> itaTpi ttjv *Apt§aîou xat 'AXEÇàvôpou Ô'oixcî paaiXeiotv cv MaxsSôdtv.
*) àicÉSetUv èitiiAfiXyjxTiv x&v pavtXlwv IIoXuaiiÉpxovTa (de même XVIII, 55, i) xai ffTpaTrjbv auTOXpàxopa itpeaêvTaTov o^ftôàv ovra tûv tû 'AXe^av5p({> ouveorpoc- Teu(JLév(i>v xa\ TtpieAjievov (»itb tûv xatà xr^^ MaxeSovtav, tôv 6' wlbv Ko(C<ray6pov •/iXtapxov xa\ ôeuTcpswovTa xolxol tt,v sÇoy^jcav (DiODOR., XVIII, 48).
») DlOLOR., XIX, 11.
31^ Z 43L. CXV, 1] POLYSPEBCHON GOUVKRNEL'R GÉNÉRAL 165
^n.t.jpaler mourut au commencement de Tan 319, Agé de
80 fiLixs*. Sa mort marque une nouvelle et funeste crise dans
les destinées de l'empire. Si peu qu'il ait eu de puissance
conaïXï.e gouverneur général ou si peu qu'il ait fait sentir son
aulOTT^té, il avait été institué dans cette charge élevée, qui re-
préseti^tait l'unité de l'empire, par un grand acte politique, et
Tecoxxnu par tous les potentats qu'il y avait dans l'empire
d'^lo:xandre comme le dépositaire de cette souveraineté.
Polysperclion pouvait avoir Taffection de l'armée et du peuple ;
il pouvait être un stratège capable, et absolument digne de la
première charge de l'empire; il n'en est pas moins vrai que la
façon dont elle lui fut transmise n'était pas propre à diminuer
ies difficultés de ce changement de personnes. Antipater avait
^*é, pour son propre compte, un gouverneur général assez
''ï^clesle; mais ce dernier acte de sa vie politique impliquait
"ïïo Compétence qui exagérait singulièrement l'étendue de ses
pouvoirs, et ceux des potentats qui aspiraient à vivre à leur
gui Se xxe pouvaient manquer de contester la validité d'une
.^"^^^a-tion faite sans leur consentement, encore qu'au nom des rois
. ^st sur cette question du gouvernement général que se
^naa. la discorde à peine apaisée dans l'empire, et des luttes
V ^ ^^in'îbles recommencèrent qui eurent pour résultat immé-
*^ chute de la maison royale et son complet anéantissement. "^
iy\o^ *^^«o aè Itti oO' (Suidas, s. y.). La chronologie de ces années offre dans pitre -^^^ ^® grandes difficultés, car non seiriement il a omis entre le chachmo^T^ et le chapitre 44 deux archontes (Archippos, 01. CXIV, 4 : Neœ- Arc^î * ^1- CXV, 1), mais, induit en erreur probablement par un second ^gg ^ Î^Pos, qui a été archonte en 01. CXV, 3, il a embrouillé la répartition dice -î'^^^eroents. On trouvera de plus amples détails à ce sujet dans VAppen- ^ ^*Iii$:oir€ (T Alexandre (p. 805 sqq.).