‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 117 sur 457 · OL. CXV, 1] ELMÈNE KT ÂNTIGONE i · texte numérisé non relu

OL. CXV, 1] ELMÈNE KT ÂNTIGONE i

niaines encore. Il s'agissait de lutter contre le gouverneur général actuel, Polysperchon. Cassandre devait recevoir sa place, qu'il désirait , mais avec des restrictions essentielles à sa compétence. Lui, Antigone, serait alors maître de l'Asie, et il ne désirait rien tant que d'être alors Tobligé reconnaissant du glorieux satrape de la Cappadocc.

Ëumène se rendait parfaitement compte de la situation; les événements qu'il attendait s'étaient accomplis, mais toutes les raisons qui l'avaient déterminé jadis à rester attaché à la cause des rois avaient à ce moment plus de force que jamais. II se montra disposé à entrer en négociations avec Antigone et se fit communiquer le texte du contrat réciproque qu'Antigone avait déjà rédigé. Dans ce traité, il n'était fait mention des rois qu'au début et par manière d'acquit; tout le reste, et notamment la formule du serment, ne s'appliquait qu'à Antigone. Ëumène introduisit des modifications dans le projet, et inscrivit en tète de la formule du serment les noms des rois Philippe et Alexandre et de la reine Olympias : il ne promettait pas seulement de rester fidèle à Antigone, d'avoir les mêmes amis et les mêmes ennemis que lui, mais il jurait en même temps une fidélité inviolable aux rois et à la reine Olympias. C'est cette formule ainsi modifiée qu'Ëumène fit parvenir au camp, en priant les Macédoniens de décider si le texte transformé ne valait pas mieux. La décision des Macédoniens fut telle qu'il l'attendait : ils firent prêter serment à Ëumène et invitèrent Antigone à jurer à son tour. Puis ils levèrent k» siège et se disposèrent au départ.

Ëumène descendit alors en toute hâte du fort, avec sa petite troupe en parfait état, au grand étonnement de tous. Il remit en liberté les otages des Cappadociens et reçut les présents des villes, chevaux, mulets et bêtes de somme. Puis il fit im appel à ses anciens soldats, dont bon nombre étaient encore dispersés en Cappadoce. La nouvelle qu'il avait reparu suscita partout l'allégresse, et, en quelques jours, 2,000 hommes s'étaient enrôlés chez lui ; après quoi, il gagna en toute hâte Tintérieur du pays.

Les choses se passèrent comme il Tavail prévu. Dans la formule modifiée du serment, Antigone vit bien que le rusé

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Gardien cherchait à lui brouiller son jeu. 11 donna aussitôt Tordre de recommencer le siège, mais Tordre arriva trop tard. Les tentatives qu'il fit pour se débarrasser de cet ennemi dangereux par un assassinat échouèrent : Eumène était en sûreté '. Il resta jusqu'à Tautomne, quelque part en Cappadoce, attendant les événements et se préparant avec le plus grand soin à la lutte inévitable. C'est alors qu'il reçut les propositions faites par le gouverneur général au nom des rois. Le message Tinvitait à diriger la guerre contre Antigone en Asie, mettait à sa disposition le trésor de Cyinda et les argjTaspides, le nommait enfin stratège de toute TAsie avec des pouvoirs illimités. D'autres lettres venues de Macédoine lui disaient qu'Antigone inspirait les plus vives inquiétudes, et qu'on redoutait le sort le plus cruel pour la Macédoine et la maison royale. Il recevait en même temps une lettre particulière de la reine Olympias, qui le priait de la façon la plus touchante de s'intéresser à elle et à la cause des rois, disant qu'il était le seul et véritable ami de la maison royale, le seul capable de la relever et de la sauver ; que Polysperchou l'avait invitée ù venir en Macédoine ; qu'elle demandait Tavis d'Eumène pour savoir s'il ne valait pas mieux qu'elle restât eu Epire, afin de ne pas être obligée de se confier aujourd'hui à celui-ci, demain à celui-là, tous personnages qui se disaient bien gouverneurs généraux, mais ne songeaient en réalité qu'à confisquer la royauté à leur profit : peut-êlre, au contraire, serait-il d'avis qu'elle aurait plus d'avantage à rentrer. Elle le priait enfin de prendre avec lui en Asie le petit Alexandre, j qui n'était pas assez en sûreté en Macédoine et dont la vie même était menacée, et de se charger de son éducation. Eumène recommanda à la reine de rester dans TÉpire, qui était un lieu sûr, jusqu'à la fin de la guerre proehaine. Au cas où elle se déciderait néanmoins à retourner en Macédoine, il la conjurait, au nom de l'empire et de la maison royale, d'oublier le passé et de ne faire sentir à personne le ressentiment de toutes les injures qu'elle avait essuyées. Au gouverneur général Polysperchon, il répondit qu'il était entièrement

«) DiouoH., XVIII, 50. 53.

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