OL. cxv, 2] ARRHmiEOS contre cyzk^ue
Aucun détail ne nous est parvenu sur des mouvements de celle nature en Asie-Mineure, et, s'il y en a eu, l'attitude bientôt si énergique d'Antigone adû les arrêter avant qu'ils eussentdes conséquences. Seul Arrhidasos, dans la Phrygie d'Hellespont, exerça une certaine action sur la marche générale des affaires. Il comprenait le danger qui le menaçait du côté du stratège : celui-ci devait attacher une importance capitale à sa satrapie, car elle lui ouvrait le chemin de l'Europe. Arrhidaeos n'était pas le moins du monde disposé à se laisser enlever sa possession légitime, et, bien qu'à l'heure présente, lui qui avait été jadis gouverneur général ne fût pas précisément satisfait de la nomination de Polysperchon, il s'agissait poiu: lui non pas de gagner des avantages mais de repousser un préjudice. Il se croyait assez fort poiu* se maintenir; il avait plus de 10,000 hoplites mercenaires, 1,000 Macédoniens, 500 archers et frondeurs perses, 800 cavaliers, des approvisionnements considérables de catapultes et de balistes ; il était abondamment pourvu de tout ce qu'il fallait pour la guerre en rase campagne et les sièges. Il protégea les places fortes de sa satrapie en y mettant des garnisons suffisantes, et il comptait bien écarter toute attaque de la part du stratège en lui opposant «une suite de solides forteresses. Il prévoyait cependant qu'Antigone, allié avec Ptolémée, pourrait au besoin attaquer également ses provinces par mer. La position la plus importante qu'il y eût sur ses côtes était la ville de Cyzique : elle dominait la Proponfide et était remarquablement fortifiée. Une fois en possession de cette place, il espérait pouvoir attendre tranquillement une attaque par mer. Aussi résolut-il de s'en emparer, quoiqu'elle fût une des villes libres et colonies grecques *. L'ayant surprise à l'improviste, il fit prisonniers un grand nombre de Cyzicéniens habitant la campagne qui n'avaient pas fui assez vite, et il demanda que la ville reçût une partie de ses troupes comme garnison. Les Cyzicéniens, quoiqu'ils ne fussent nullement préparés à la lutte et bien qu'attaqués par des forces
*) Antigone lui reproche plus tard : oti 'EXXifjviôa irôXiv outiiia^ov oîaav xai jiijôàv otôtxoOdfltv èrôXiitjffc TCoXiopxeîv (DiODOR., XVIII, 52). Ce qui a été dit plus haut {Hist. d'Alexandre^ p. 233.780 sqq.) de la condition des villes helléniques d'Asie-Mineure se trouve confirmé uno fois de plu? par cet exemple.
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supérieures, résolurent cependant de se défendre de leur mieux , eux et leur indépendance. Pendant qu'ils envoyaient en tout^î hâte deux ambassadeurs au satrape, pour négocier avec lui, comme s'ils étaient disposés à accepter toutes ses conditions, sauf l'entrée de troupes étrangères dans leur ville, ils appelèrent les citoyens sous les armes, armèrent aussi leurs esclaves, occupèrent les remparts et les tours, si bien que les ambassadeurs purent montrer au satrape campé sous les murs de la ville comment les Cyzicéniens étaient prêts à défendre leur liberté. Arrhidseos maintint sa demande; les négociations continuèrent le jour et toute la nuit suivante. Les Cyzicéniens gagnèrent ainsi le temps de compléter leurs armements, de demander par exprès à Byzance des troupes, des munitions et des vivres, de mettre en état leurs trirèmes et d'en envoyer quelques-unes sur la côte pour recueillir et ramener les fugitifs. Ainsi renforcés, pourvus k Byzance de troupes et de matériel, protégés par la situation très forte de leur ville, qui commande les ponts entre le continent et l'île considérable où elle est placée, les Cyzicéniens purent repousser les assauts de Tennemi, qui commencèrent le lendemain et se multiplièrent. Arrhidseos fut obligé de lever le siège, après avoir subi des pertes sérieuses, et de rentrer dans sa satrapie ^
La nouvelle de l'attaque de Cyzique parvint au satrape Antigone à Célsenae : il semblait que la fortune voulût l'aider à chaque pas dans l'exécution de ses plans. Il pouvait dès lors, comme stratège du pays, agir contre Arrhidœos, qui avait attaqué une ville libre, reconnue comme telle par l'empire, aller de suite la débloquer et lui laisser pour sa défense une garnison qui lui assurerait à lui-même le port le plus important de la Propontide. Il partit donc en toute hâte pour la Phrygie
*) DiODOR., XVlli, 51. Cette entreprise a dû avoir lieu en mars 319. C'est à elle que fait allusion le décret des Nasiotes en l'honneur de Thersippos : naLpt9xtuaLfJ9t tï xai [*Ap]pa6a[lov xa\] toi; àXXoïc tfoV]; ii^i] tivcov t£Ta[Ypivoi]; Cmb T&v paatXT,to)v 9uoi;Tà ii[ôXi ... ]. On a déjà fait remarquer (ci-dessus, p. 12, 3) que, confronté avec Tinscription, le nomd'*Apf lîaîo; donné par les auteurs est une corruption remontant à l'antiquité : on a dit aussi que lo passage de Polyœnos (VII, 30) doit avoir trait à cette tentative d'^ApiCaîo; sur Cyzique, bien que son récit ne concorde pas tout à fait avec celui de Diodore.