OL. CXV, Ij LE DÉCHUT DE POLY8FEHCHON
M Comme il est arrivé à nos ancêtres d'obliger à plusieurs reprises les Hellènes, nous voulons conserver leurs traditions et donner à tous une preuve de la bienveillance que nous continuons à porter aux Grecs. Lorsqu'Alexandre mourut et que la royauté passa entre nos mains, nous avons envoyé un manifeste à toutes les villes grecques, dans Tespoir qu'elles pourraient toutes recouvrer la paix et les constitutions données par noire royal père Philippe. Mais, tandis que nous ne songions nullementàla guerre, quelques Grecs, dans leuraveuglemenl, ont attaqué la Macédoine et ont été vaincus par nos stratèges: celle guerre acauséauxvillesbien des malheurs, et vous étiez convaincus que nos stratèges seuls en étaient la cause. Nous, au contraire, demeurant fidèles aux principes établis dès le début, nous vous accordons la paix*; nous vous confirmons vos constitutions, telles qu'elles étaient sous Philippe et Alexandre, et tout le reste, aux termes des stipulations qu'ils ont posées. Nous réintégrons dans leur patrie les exilés et ceux qui ont été bannis par nos stratèges depuis le départ d'Alexandre pour l'Asie, et les citoyens que nous réintégrons recouvreront leurs anciens droits et possessions; ils resteront tranquilles, de même que nous oublierons le passé : toutes les dispositions prises contre eux sont abrogées du mémo coup. Seront exceptés uniquement ceux qui sont bannis pour meurtre ou pour sacrilège, ainsi que les gens de Mégalopolis exilés avec Polyaenétos pour cause de trahison, et de plus les habitants d'Amphissa', de Tricca^, de Pharcadon et d'Héraclée*.
*) Sur Polyaenétos, voy. ci-dessus, p. 51, 2. Amphissa fut plus tard complètement absorbée dans l'Étolie. Les Locriens qui prirent parti dans la guerre Lamiaque contre la Macédoine étaient probablement ceux d' Amphissa: leur cité a dû être détruite, en tant qu'Étal, par suite de la guerre, lors de la campagne de Cratère.
*) Tricca et Pharcadon avaient été détruites par Philippe et leur territoire adjugé aux Pellinéens; les exilés des deux villes ont essayé de rentrer au début de la guerre Lamiaque, ou lors de l'invasion des Étoliens en Thessalie.
*) Je ne crois pas qu'il faille songer aux proscrits d'Héraclée sur le Pont, dont parle Memnon au chapit-e 4, attendu qu'il s'agit ici des affaires de I Helkde proprement dite. C'est bien d'Héraclée près des Thermopyles qu'il est question ; la ville peut avoir pris parti pour les alliés dans l'été de 323, après le combat qui ee livra dans le voisinage, et les Macédoniens devaient tenir à en être bien maîtres, k cause des défilés que la ville commande.