LE DÉCRET DE POLYSPERCHON [II
Tous l€f% autres pourront rentrer, jusqu'au dernier jour du mois de Xanthicos*. Si les constitutions données par Philippe et Alexandre renferment des dispositions contraires, les villes devront s'adresser à nous à cet effet, pour que nous puissions décider au mieux de nos intérêts et de ceux des villes. Les Athéniens garderont ce qu'ils possédaient sous Philippe et Alexandre : Oropos restera auxOropiens; en revanche, nous rendons Samos aux Athéniens, attendu que notre père Philippe la leur avait aussi laissée. Tous les Hellènes devront voter de concert une résolution portant qu'aucun d'entre eux ne nous fera la guerre ou ne tentera rien contre nous: quiconque contreviendra à ces dispositions sera expulsé avec toute sa famille, et ses biens confisqués. Nous avons ordonné que Polysperchon réglerait avec vous les détails, sur ce point comme pour le reste. Vous, de votre côté, comme nous l'avons dît, faites bien attention à ceci : car si quelqu'un d'entre vous faisait résistance aux ordres émanés de notre initiative, celui-là serait traité par nous sans le moindre égard ». Ce décret nous apprend, plus qu'aucun autre docurtient, dans quelle profonde décadence la Grèce était lombée, et comme elle était courbée sous le joug de la Macédoine. Cette proclamation de la liberté, à laquelle Polysperchon appelait les villes, n'était qu un appel fait au parti humilié naguère, pour le soulever contre les oligarques favorisés jusque-là par la Macédoine et attachés à la cause de Cassandre. Pour rendre hommage à la vérité, il est juste de reconnaître que, grâce à l'oligarchie, dans la forme qu'elle avait prise sous l'influence macédonienne après de longues et terribles luttes de partis, la tranquillité et la stabilité étaient revenues dans les villes grecques ; mais, il faut l'avouer, c'étaient les épées des garnisaires macédoniens qui maintenaient partout le peuple dans
*) Xanlhicos est le sixième mois et Dœsios le huitième de Tannée macédonienne. Si l'on était plus sûr qu'on ne l'est que Dœsios correspondait au mois de Thargélion ; que cette année (01 . CXV, 1) était aussi dans le comput macédonien une année intercalaire (C. I. Attic, IF, n« 19i); enfin que l'Artémisios était compté deux fois, à titre de mois intercalaire, entre Xanthicos et Dœsios ; alors le 30 Xanthicos tomberait à peu près à la fin de mai 319. Mais, en tenant compte des autres événements, cette date paraît impossible.