OL. CXV, 1] NICANOR A MUNYCHIE 20i
tait particulièrement sur le passage du décret royal où il était dit que tous les Athéniens prendraient pari désormais au gouvernement des affaires, fut prise pour une allusion dirigée contre Phocion. Si grande qu'a dû être à Athènes Teffervescence provoquée par ce message, pour le moment, rien de sérieux ne fut tenté contre Phocion et son parti; Nicanor, avec ses troupes do Munychie, était prêt à marcher pour le soutenir. Nicanor alla même jusqu'à inviter la ville à rester fidèle à Cassandre, qui, appuyé sur de solides alliés, paraîtrait bientôt en Grèce avec des forces imposantes pour protéger ses amis. Les Athéniens ne se laissèrent pas séduire par ses promesses; ils étaient d'avis qu'avant tout il fallait que la garnison macédonienne se retirât de Munychie. Nicanor demanda au moins quelques jours de délai; il était, disait-il, sur le point de prendre une mesure utile pour la ville et demandait Tau torisation de paraître dans l'assemblée pour y faire des communications à ce sujet*. Ceci lui fut accordé : le Conseil fut convoqué au Pirée et Nicanor invité à y paraître, Phocion se portant garant de sa sûreté personnelle, car l'irritation du peuple était grande contre Nicanor, et on parlait déjà d'enrôlements secrets, de surprises et de trahisons que le commandant machinait. Nicanor se présenta : Dercyllos, le stratège de la région*, avait pris des dispositions pour l'arrêter. Le commandant n'eut que le temps de s'enfuir. Alors on se mit à vociférer contre Ptocion; on* disait qu'il avait laissé à dessein Nicanor s'échapper, qu'il ne voulait pas le bien de la ville et qu'il était le complice des oppresseurs. Maintenant Nicanor avait se venger, et l'on était désarmé contre un ennemi puissant : Phocion allait causer la perte d'Athènes. Phocion répondit qu'il avait confiance en Nicanor et ne redoutait rien de lui, mais qu'en cas de malheur, il aimait mieux subir l'injustice que de la commettre. Comme le bruit se confirmait que Nicanor renforçait ses troupes par de nouveaux enrôlements, qu'il en vou-
peu près de la même façon que la mesure prise tout à l'heure au sujet d'Argos. Plutarque ajoute : v 5à toOto xatà toO 4>a)xirovoc èT:i6ouXT^.
•) On me permettra de combiner de cette manière los données fournies par Plutarque et Diodore (XVIfl, 64), qui puisent ici tous deux dans Hiéronyme.
*) Dercyllos, ù em ttic X*^P«; irpatr^vô;.