NICANOR OGCDPE LE PIRÉE [H
lait au Pirée, qu'il avait débarqué des mercenaires & Salamine et cherchait à attirer dans son complot quelques habitants du Pirée, comme le stratège Dercyllos vint signaler aussi de nouveaux indices du danger soupçonné et rappeler à Phocion que la ville était en péril d'être coupée de ses communications avec la mer, et par là privée des subsistances nécessaires, Phocion repoussa également ces allégations comme calomnieuses et exagérées et déclara faux les témoignages à ce sujet, disant que, lorsque le moment serait venu, il ferait son devoir de stratège. On décida néanmoins, dans une des nombreuses délibérations sur les meilleures mesures à prendre contre Nicanor, qu'on prierait Polysperchon et le roi de venir au secours do la ville et de faire de l'autonomie promise une réalité. Dans une nouvelle délibération, Philomélos de Lamptra* proposa un décret qui fut ratifié par le peuple; tous les Athéniens devaient prendre les armes et se tenir à la disposition de Phocion. Mais c'est en vain qu'on attendit de jour en jour l'ordre de marcher sur Munychie pour assiéger la forteresse du port. Un beau matin, la nouvelle arriva subitement que Nicanor était sorti de Munychie durant la nuit, et qu'il avait occupé les murs et les digues du Pirée, ainsi que les Longs Murs*.
Il y eut alors un tumulte épouvantable à Athènes. Phocion appela aux armes, mais les citoyens lui refusèrent l'obéissance, disant qu'il était trop tard maintenant et qu'il voulait peut-être aussi les trahir. En attendant, le secours qu'on avait demandé en Macédoine était encore bien loin, et Nicanor, en possession des ports d'Athènes, n'arrêtait pas seulement toutes les relations avec les pays d'outre-mer, mais, en interceptant les navires chargés de blé à destination d'Athènes et les bateaux
') C'est ainsi que Tappelle Plutarque {Phocion, 32). Son contemporain
et homonyme, qui est plus connu, était de Pœania(BôcKH,SeeMr*tin(ien,p.24).
«) DiODOR., XVIII, 64. Plut., Phocion^ 32. Corn. Nep., Phocion, 2. Dio-
^ dore place par anticipation tout ce qui s'est passé jusqu'ici sous l*arcbontat
d'Archippos, qui dans son système coïncide avec Tannée 3i8. Il ne faudrait L pas en conclure que les pourparlers avec Nicanor et la garnison n'ont eu
> lieu qu'en 318. Le décret proclamant la liberté ne peut pas avoir été rendu
plus tard que mai 319, et l'occupation du Pirée doit avoir été effectuée au plus tard en août ou en septembre de la même année.