‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 139 sur 457 · OL. cxv, 2] exécution de phocion · texte numérisé non relu

OL. cxv, 2] exécution de phocion

demment celui qui avait été rendu sur sa dénonciation (etaoy- YsXCa); or, il était dit déjà dans le décret que le jugement ne serait pas rendu par le jury, mais dans rassemblée du peuple, et que Ton volerait non pas avec des cailloux, mais par mains levées. Il parait qu'il ne fut plus question de rallemative qu'on avait laissée dans cette proposition au sujet de la pénalité, la mort, ou Texil et la confiscation. On dit qu'après la lecture du décret, beaucoup demandèrent une disposition additionnelle portant que Phocion serait d'abord mis à la torture et qu'on ferait venir les bourreaux avec la roue du supplice. Mais Agnonide, voyant que Clitos manifestait vivement son mécontentement à propos de cette cruauté brutale et inutile, aurait répondu : « Quel supplice nous restera-t-il donc pour Callimédon, si nous parvenons à le prendre ? » Là-dessus une voix cria dans le peuple : « Et pour toi donc? » La mort fut votée presque à l'unanimité *. Les condamnés furent ensuite conduits dans la prison des Onze, et, durant le trajet même, le peuple les accompagnait de ses huées et de ses railleries. Le jour où avait lieu en l'honneur de Zeus Olympios la processiondes chevaliers couronnés, — beaucoup d'entre eux ôtèrent cette fois leur couronne — Phocion et ses amis vidèrent la coupe de ciguë. Leurs cadavres furent jetés sans sépulture hors du territoire attique, « abandonnés à la voracité des chiens et des oiseaux de proie* ».

Voilà quel fut le premier exploit de la démocratie rétablie à Athènes : c'est un acte plus répugnant encore que l'assassinat juridique consommé quatre-vingts ans auparavant par le peuple d'Athènes sur la personne des généraux vainqueurs aux

*) To Ô* îf<r/aTOv iio(vôi^|A(o çbdVTj xaTaxttpOfovYjôévrc; (DiODOR., XVIII, 67).

*) DiODOR., XVIII, 67. Plut., Phoc. 37. Corn. Neç., Phoc. 3. Plutarque dit : T|V Ôi y\[LipoL (XYjvb; Mouvv/'^^OÇ Çvaxr^ lv\ Séxotxoi tw Aittriv ir6|JL7njv itéjJLicovrc; ol \inuu wape^eaav. On a supposé que cette procession des Olympûi tombait dans la troisième année d'une olympiade, mais uniquement d'après Diodore, qui raconte la chose sous Tarchontat d'Archippos (01. CXV, 3). L'enchaînement des faits ne permet pas de douter que la mort de Phocion n'ait eu lieu en 01. CXV, 2, sous l'archontat d'Apollodoros, par conséquent en 318, vers le 10 mai. A. Mommsex {Heortologie, p. 702) fait remarquer que la mort de Phocion tombe à une époque où la théorie délien ne était partie, mais n'était pas rentrée, c'est-à-dire en un moment où aucune sentence de mort ne devait être exécutée.

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