LE COMPROMIS ENTRE LES GÉNÉRAUX
ne prouve pas davantage que le plus prudent et le plus avisé des officiers supérieurs ait encore agi en cette circonstance dans l'intérêt du chiliarque. Celui-ci avait pour le moment tout l'avantage de son calé, mais il se trompait dans sea calculs pour l'avenir : le Ltgide, qui raisonnait plus à froid, n'hésitait pas à sacrifier les avantages immédiats pour atteindre plus sûrement son faut plus tard. Échapper k la sur\-eillance du chiliarque comme k l'influence des coteries que la réunion des grands provoquait nécessairement k la cour; dans ta position de sa- Irape, indépendante de fait, gouverner un riche payspourson compte, avec des pouvoirs aussi étendus que possible; travailler à le transformer en domaine indépendant et se suffisant à luimême, puis, s'appuyer surcetle base solide pour résister àl'autorité du chiliarque et finalement k celle d'un empire qui, en définitive, ne pouvait pas durer; telles devaient être les visées qui firent proposer ce plan par le Lagide. Le chiliarque l'approuva au nom du roi, et les grands l'acceptèrent sans objection.
Cette circonstance, et ce fait que le plan fut suggéré par le Lagide, font supposer un compromis par lequel l'autorité impériale accordait à ceux qui consentaient à la laisser aux mains de Perdiccas des avantages destinés à les dédommager jusqu'à un certain point et à garantir leur sécurité.
C'est sans doute uniquement la question militaire qui fit adopter ce compromis. Si, dans le système d'Alexandre, la stratégie était généralement séparée de ta satrapie, on pouvait alléguer maintenant des motifs plausibles pour modifier ce régime. En prévision des circonstances difficiles que l'on allait traverser, il fallait que dans chaque satrapie tous les pouvoirs fussent concentrés en une seule main, et, pour garantir l'unité de l'empire, il fallait laisser à chacun de ses membres la cohésion, la compétence et les moyens pour te défendre et pour en répondre, chacun de son c6té ; à condition toutefois que l'aulorité supérieure se réserverait le droit d'envoyer des ordres "' aires aux satrapes dans certaines circonstances détermi- , et, le cas échéant, d'employer les milices locales pour ilérèts de l'empire'.
^s auteurs ne disent mot de ce compromis, de ce changemeot de